Depuis l’annonce par le gouvernement espagnol de sa décision de régulariser plus de 500.000 travailleurs sans-papiers étrangers présents sur son territoire, les demandes de légalisations ont explosé dans les consulats d’Espagne en Algérie.
Pour régulariser leur situation, dans le cadre du projet annoncé en janvier dernier par le gouvernement espagnol, les sans-papiers algériens doivent déposer leurs dossiers entre le 1ᵉʳ avril et le 30 juin 2026.
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Les sans-papiers algériens face à un imbroglio administratif
Ce dossier inclut notamment une preuve de résidence en Espagne d’au moins cinq mois au 31 décembre 2025, mais aussi un casier judiciaire vierge. Pour avoir ce dernier document, les sans-papiers algériens font établir une procuration au niveau des consulats d’Algérie en Espagne.
Ce document permet à leurs proches de demander leurs casiers judiciaires en Algérie, mais aussi de les légaliser afin qu’ils soient valables auprès des autorités espagnoles.
Cette légalisation se fait en deux temps : d’abord auprès du ministère algérien des Affaires étrangères, puis auprès des services consulaires espagnols en Algérie.
Ainsi, après les files d’attente qui ont été observées auprès des consulats d’Algérie en Espagne (pour établir les procurations), la pression s’est désormais déplacée vers les consulats d’Espagne en Algérie, notamment celui d’Oran.
De longues files d’attente
C’est ce que confirme la page Oran Info, qui dévoile qu’il y a une « grande difficulté » à décrocher un rendez-vous pour légaliser les documents auprès du consulat d’Espagne à Oran.
Outre les sans-papiers qui ont besoin de services pour régulariser leurs situations en Espagne, ces dysfonctionnements touchent aussi les demandeurs de visas d’études ou de travail dans ce pays européen.
À ces retards, s’ajoute un problème de taille : il s’agit de la validité du casier judiciaire algérien, qui est de trois mois, alors que l’attente pour décrocher un rendez-vous de légalisation auprès du consulat espagnol peut aller jusqu’à deux mois, indique la même source.
Quand le rendez-vous arrive enfin, le document n’est plus valide, et il faudra refaire toute la procédure depuis le début, soit retirer le document auprès du ministère de la Justice, le légaliser auprès du ministère des Affaires étrangères, puis attendre une nouvelle fois un rendez-vous du consulat d’Espagne.
De plus, le consulat d’Espagne à Oran exige le retrait préalable des documents avant de procéder à une demande de rendez-vous pour leur légalisation, indique cette page Facebook qui appelle le ministère espagnol des Affaires étrangères à « mettre en service de nouveaux créneaux ou à améliorer le système de réservation ».
Système Apostille : les sans-papiers algériens en Espagne attendront encore un peu
Même ceux qui ont espéré une mise en place anticipée de la convention Apostille avec l’Espagne doivent attendre encore un peu. Le député de la diaspora Farès Rahmani, qui a fait cette proposition au gouvernement, indique dans une nouvelle lettre qu’il faudra finalement à l’Algérie attendre 8 mois après sa ratification pour pouvoir mettre en place le tampon Apostille.
Dans sa réponse au député, le secrétaire d’État chargé de la diaspora, Sofiane Chaib, indique donc qu’il faudra attendre le 9 juillet, soulignant que la mise en place anticipée, avant la fin d’un délai total de huit mois, n’est possible que pour les pays signataires de la convention en 1965, soit lors de sa première mise en place.
Le responsable a cependant rappelé que trois nouvelles annexes du ministère des Affaires étrangères pour la légalisation des documents ont été inaugurées à Oran, Constantine et Ouargla afin d’éviter aux citoyens de se déplacer jusqu’à la capitale.
Nouvelles propositions d’un député pour faciliter la régulation des sans-papiers algériens en Espagne
Dans une nouvelle lettre adressée au secrétaire d’État, le député de l’immigration, Farès Rahmani, appelle le gouvernement à prendre contact avec la représentation diplomatique espagnole en Algérie afin de faciliter la procédure de la légalisation des casiers judiciaires des sans-papiers algériens en Espagne.
Le député propose notamment l’ajout de nouveaux créneaux au niveau des consulats d’Espagne en Algérie, mais aussi la recevabilité des casiers judiciaires des ressortissants algériens sans la légalisation des autorités consulaires espagnoles, à condition que le demandeur dépose de nouveau ce document après l’entrée en vigueur du système Apostille en Algérie.
Le député demande aussi de faciliter le retrait direct des casiers judiciaires au niveau des consulats d’Algérie en Espagne après le 9 juillet 2026, soit après l’entrée en vigueur du système Apostille.
