La décision des autorités des Émirats arabes unis d’empêcher l’embarquement de passagers algériens à l’aéroport de Dubaï, dans le cadre d’un vol de rapatriement organisé par Air Algérie, commence à susciter des réactions.
Selon une information rapportée mercredi 4 mars par le journal El Khabar, les autorités des Émirats ont empêché une opération d’évacuation de ressortissants algériens depuis l’aéroport international de Dubaï.
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Un avion de la compagnie aérienne nationale Air Algérie est, en effet, arrivé le 2 mars à Dubaï pour le rapatriement des membres de la communauté algérienne, suite à l’escalade militaire que connaît la région depuis le 28 février dernier.
Cette décision « est en contradiction flagrante avec les exigences du droit international »
Mais les autorités émiraties ont empêché les voyageurs algériens de monter à bord, obligeant ainsi l’appareil d’Air Algérie à repartir vide à l’aéroport international d’Alger.
Selon le député algérien Hichem Benhaddad, cité ce jeudi 5 mars par le même journal, la décision des autorités émiraties n’est pas liée à des aspects techniques ou de procédure, mais relève plutôt d’une politique d’hostilité injustifiée envers l’Algérie.
Selon lui, le fait que les Émirats arabes unis aient perturbé ou entravé cette opération d’évacuation à caractère humanitaire « constituait un comportement totalement irresponsable ».
Cette décision « est en contradiction flagrante avec les exigences du droit international et les normes de coopération en temps de crise et de conflits internationaux », ajoute l’ancien membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée populaire nationale.
Pour lui, les opérations d’évacuation de voyageurs en cas d’urgence sont considérées comme des mesures humanitaires urgentes fondées sur des règles bien établies du droit international, dont notamment le principe de protection des civils.
« Un dépassement inacceptable des limites de la courtoisie diplomatique »
Dans de telles situations d’urgence, à l’image de ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient, les États sont obligés de prendre des positions neutres concernant les questions humanitaires et de laisser de côté tout conflit politique ou diplomatique.
De même, poursuit l’intervenant, la protection des ressortissants des autres pays est une obligation et « un prolongement indissociable de la souveraineté d’un État » et « non pas une faveur accordée par une quelconque partie ».
La politisation des mesures humanitaires et leur utilisation comme moyen de pression circonstanciel « constituent un comportement qui manque de sagesse et de stratégie, remettant en cause les fondements de la légitimité et de la crédibilité de l’État ».
