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Entrée en vigueur en juillet dernier, l’augmentation du montant de l’allocation touristique a ravi les voyageurs algériens, mais a également mis l’eau à la bouche de certains opportunistes et trafiquants.

Alors que cette mesure, qui porte le droit de change au taux officiel de la contre-valeur de 15.000 dinars (environ 100 euros) à 750 €, vise à améliorer le pouvoir d’achat du touriste algérien à l’étranger, certains réseaux et personnes ont établi des stratagèmes pour mettre la main illégalement sur les devises et les revendre sur le marché noir.

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Allocation touristique : entre droit garanti et fraude généralisée

Plus de 100.000 cas de fraude ont été enregistrés en seulement un mois, a révélé cette semaine le ministre des Transports, Saïd Sayoud. Une situation qui a poussé les autorités compétentes à serrer la vis aussi bien concernant les conditions de délivrance de cette allocation touristique que pour les voyages par bus vers la Tunisie.

Après l’obligation faite aux chauffeurs de bus transportant des touristes algériens à destination de la Tunisie de présenter une autorisation internationale de transport, la Banque d’Algérie a émis une nouvelle note le 15 décembre dernier.

La note met fin au paiement en espèces de la contre-valeur en dinars du montant de l’allocation touristique, subordonne ce droit de change à la détention du voyageur d’un compte bancaire auprès de la banque domiciliataire et enjoint aux banques autorisées à accorder le droit de change à étudier les capacités financières du bénéficiaire.

Fraude à l’allocation touristique : une « hémorragie de devises »

Il s’agit là d’un tour de vis qui complexifie sensiblement l’accès à l’allocation touristique. Une démarche qui vise notamment à s’assurer que ce droit de change profite seulement aux voyageurs algériens et que les devises ne finissent pas entre les mains de personnes mal intentionnées.

Interrogé par le média Ennahar, Slimane Nacer, professeur d’économie à l’université d’Ouargla, indique que ce renforcement des conditions était « prévisible ».

Le spécialiste justifie les dernières mesures par « les nombreuses pratiques négatives qui visent à exploiter illégalement cette allocation touristique ».

Ainsi, poursuit le même intervenant, la cupidité et l’obsession du profit de certaines personnes ont causé une véritable « hémorragie de devises, ce qui pourrait impacter les réserves de change du pays ».

« C’était donc prévisible que la Banque d’Algérie adopte des mesures plus sévères concernant l’octroi de cette allocation touristique… », conclut le spécialiste en économie.

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