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Renouveler un titre de séjour, censé être une simple formalité pour les étrangers établis en France depuis plusieurs années, devient de plus en plus une démarche risquée, à l’issue de laquelle de plus en plus demandeurs se retrouvent en situation irrégulière.

Dans le Val-de-Marne, près de Paris, la situation n’est pas facile pour les demandeurs. Les retards de la préfecture font que de nombreux étrangers en situation régulière deviennent du jour au lendemain des sans-papiers.

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Plus de 50.000 demandes de renouvellements en 2025

Interrogé par Le Parisien, le préfet du Val-de-Marne, Étienne Stoskopf, assure pourtant que les renouvellements de titres de séjour sont traités comme « une priorité de tous les jours », et ce, au point de décider de reléguer d’autres tâches, comme les régularisations, au second plan.

Le représentant de l’Etat dévoile toutefois que la charge est trop grande, soulignant que rien qu’en 2025, plus de 80.000 demandes de titres de séjour ont été déposées à la préfecture, parmi lesquelles on ne compte pas moins de 50.000 demandes de renouvellement.

Malgré « l’engorgement », le préfet assure que « tout est fait pour éviter la rupture des droits ». Malheureusement cela finit souvent par arriver, en témoigne le cas de Mourad, un Algérien de 50 ans qui vit en France depuis l’âge de 15 ans.

Après 35 ans en France, il se retrouve sans papiers

Marié à une Franco-Algérienne et papa d’une fille Française, il travaille comme soudeur chez Vinci. « Son entreprise lui a même payé une formation pour faire de la soudure dans des entreprises de chimie », a-t-il fièrement dévoilé au Parisien.

Mais alors que Mourad se considérait comme quelqu’un de pleinement « intégré », sa préfecture (Val-de-Marne), n’a pas pour autant renouveler son titre de séjour dans les délais. Après l’expiration de son ancien titre de séjour, son employeur était obligé de suspendre son contrat. Le début d’une véritable descente aux enfers.

D’un titulaire d’un certificat de résidence d’Algérien, pleinement intégré socialement et professionnellement, Mourad devient sans-papiers sans le moindre droit. Il n’a pas le droit de voyager, de travailler, ni même de prétendre aux aides de l’Etat. « C’est abusé ! Ils m’ont tué », a-t-il soupiré.

« Les files d’attente devant la préfecture, mais le problème n’a pas disparu »

Elyes, un autre Algérien, en France depuis plusieurs années, s’est quant à lui tourné vers son député pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Une démarche qui a donné ses fruits après que le parlementaire a saisi le sous-préfet qui a pu à son tour débloquer la situation.

Sophie Taillé-Polian, député au Val-de-Marne, assure que les parlementaires n’ont pas de laissez-passer à la préfecture, mais il explique que quand « on pointe des situations où ils sont en tort, ils réagissent ».

La députée, qui confirme que la préfecture est submergée par les demandes, se penche également sur le problème de la dématérialisation, estimant que « la numérisation a peut-être supprimé les files d’attente devant la préfecture, mais le problème n’a pas disparu ».

Le préfet assure quant à lui que « le site de la préfecture a été mis à jour », soulignant cependant que les étrangers doivent demander des prolongations de droit le temps de l’instruction de leurs demandes et s’assurer de déposer des dossiers complets. Il dévoile d’ailleurs qu’un dossier déposé sur cinq est incomplet ou hors délai.

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