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Installée aux États-Unis, dans l’Iowa, et étudiante au Grinnell College dans la ville de Grinnell, l’artiste algérienne Aicha Mokrani présente son exposition « Not Home », où elle dissèque la frontière entre le familier et l’étrange.

À la Smith Gallery du Grinnell College, ses peintures invitent à la nostalgie et aux déplacements géographiques jusqu’en Algérie, où elle a laissé une partie de sa culture.

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Une artiste inspirée entre l’Algérie et les États-Unis

La galerie Edith Renfrow Smith ’37 accueille l’avant-première exposition du semestre, consacrée aux œuvres de Aicha Mokrani, rapporte le média The Scarlet and Black ce dimanche 30 novembre.

Née en Algérie, la jeune artiste a grandi entre les deux pays. Elle s’appuie désormais sur cette double appartenance pour analyser ce qu’elle appelle le « pas-chez-soi », ou « Not Home ».

« J’ai grandi en Algérie, mais j’ai aussi passé une partie de mon enfance aux États-Unis. J’allais souvent chez mes grands-parents, et ils vivent presque complètement hors réseau, dans un endroit presque rural, et j’allais en Algérie, ce sont des cultures très différentes », confie la jeune Aicha au média américain.

Ses tableaux, inspirés de scènes nocturnes, de nourriture ou encore de lieux typiquement algériens, rendent compte de son va-et-vient constant entre deux cultures aux antipodes.

À travers son travail, l’artiste algérienne va loin et cherche à saisir ces instants éphémères où les liens familiers se transforment : « Même si c’est un espace familier, il devient soudainement étranger. Il s’agit de ces instants vraiment étranges où, même chez soi, on ne se sent plus chez soi ».

Elle évoque aussi les subtils décalages du quotidien : « Dans la vie quotidienne, tout paraît très ordinaire et banal… Il existe des moments où tout semble étrange, puis cela disparaît ».

Une de ses toiles les plus personnelles représente un souvenir de l’enseigne Taco Bell, dont Aicha Mokrani se rappelle particulièrement.

La nostalgie de l’Algérie en toile

« Quand j’étais enfant, ma famille et moi allions beaucoup à Taco Bell… Mes grands-parents vivent pratiquement hors réseaux, très ruraux. On conduit, on lève les yeux une seconde, on voit quelque chose de fou, et l’instant d’après, c’est parti », raconte-t-elle.

L’artiste n’oublie pas ses souvenirs algériens, dont une petite mosquée aperçue lors d’un trajet en montagne avec son père et son frère : « Je me sens donc connectée à cette scène. Et comme c’est la nuit, cela me rappelle aussi le Ramadan ».

Pour elle, les lieux sacrés de son Algérie natale peuvent aussi devenir troublants. Elle revient sur ces fois où « lors d’un road trip en Algérie, on s’arrête pour la prière et on ne réalise même pas tout de suite que le bâtiment est une mosquée. C’est l’un de ces moments où quelque chose sort de l’ordinaire ».

La nourriture aussi s’invite dans ses œuvres, via des gâteaux inspirés du dessin animé Max & Ruby : « Les deux gâteaux viennent de cet épisode. C’est cette même nostalgie ».

La mise en scène de son exposition à la Smith Gallery prolonge ce décalage entre les cultures. « Certains éléments sont réels, d’autres sont faux », précise-t-elle, assumant entièrement ses créations.

Pour les curieux, l’exposition « Not Home » de l’artiste algérienne Aicha Mokrani, ouverte depuis lundi 17 novembre, est visible jusqu’au samedi 6 décembre à la galerie Edith Renfrow Smith.

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