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Bachir Khodja est un chef 100 % algérien, mais en Australie, où il s’impose comme une figure incontournable, il se fait appeler Pierre.

Lauréat du titre de Chef de l’année en Australie, il a décroché deux « Macarons », l’équivalent d’une étoile Michelin, ainsi que les prix de « l’assiette de l’année » et « restaurant de l’année ».

Bachir, le chef algérien qui a conquis l’Australie

« Bachir, c’est pour l’Algérie, et Pierre, c’est pour l’Australie. Si je m’appelais Bachir, ce serait difficile de réussir en Australie », déclare le chef cuisinier au micro du média vidéo Liik.

Son parcours commence à la fin des années 70, lorsqu’il quitte son Alger natale pour rejoindre la France puis l’Angleterre.

Il relate : « Je suis parti vers 1979-80 en France pour me faire de l’argent, comme tout le monde, et j’ai eu la chance de devenir apprenti en cuisine. Ensuite, je suis allé en Angleterre, en Grande-Bretagne, et j’y suis resté 29 ans ».

À Londres, son apprentissage passe par des cuisines exigeantes, avec « pratiquement 80 heures par semaine. C’était dur, très dur ». Le jeune Bachir sera même victime de racisme : « On m’appelait « sale arabe » ».

Mettre en valeur la cuisine algérienne à l’autre bout du monde

@liiktv

« En Algérie c’est Bachir, en Australie c’est Pierre » 🧑‍🍳 Lui, c’est Pierre Khodja. Un Algérien qui a réussit à se faire une grande place dans la gastronomie à plus de 15 000 km de chez lui, en Australie. 🎤 Nous l’avons retrouvé pendant ses vacances à Alger, dans le quartier où il a grandi. 👉 il est question d’Albert Camus, de football, de pauvreté, de racisme mais aussi et surtout de cuisine.

♬ son original – Liik – Liik

 

Depuis plusieurs années qu’il est installé en Australie, le chef Bachir Khodja défend une cuisine algérienne modernisée.

« Je fais de la cuisine nord-africaine, à la maman mais bien raffinée, mixée avec de la cuisine française. Pour affiner la cuisine algérienne, j’enlève l’huile et la tomate, c’est simple ! », plaisante-t-il.

À 15.000 km d’Alger, son restaurant est baptisé « Camus », en hommage au célèbre écrivain franco-algérien avec qui il se voit des similitudes : « On était pareils : il habitait Belcourt, il était pauvre, il jouait au football ».

Et même s’il a bâti sa réussite loin de son pays d’origine, le chef Pierre, alias Bachir Khodja, reste profondément attaché à son Algérie : « Je me sens bien chez moi, je pousse l’avion pour arriver à l’aéroport, et dès que je sors, ça sent bon, c’est mon pays ! ».

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