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La politique migratoire s’est tant durcie ces dernières années en France qu’elle ne se gêne plus des considérations humanitaires. Le recours à l’OQTF est devenu une sorte de réflexe qui peut cibler tous les étrangers, quels que soient leur statut ou leur situation personnelle.

En janvier 2025, l’ex-ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait adressé une circulaire aux préfets, leur enjoignant notamment d’accompagner tout refus de régularisation d’une obligation de quitter le territoire français et de refuser toute régularisation si le demandeur a déjà été ciblé par une OQTF non-exécutée.

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La circulaire a instauré un véritable cercle vicieux duquel il est difficile de sortir. Cette démarche vise à encourager les expulsions et à réduire les régularisations, quitte à donner à la politique migratoire de la France une image « inhumaine ».

Paralysé après une mauvaise chute, il se retrouve sous OQTF

C’est ce que traduit le cas de Youssef, un jeune Marocain de 22 ans arrivé en France il y a quelques mois. Il se retrouve ciblé par une OQTF alors qu’il vient de subir un accident qui l’a rendu tétraplégique, rapporte Nice Matin.

L’histoire de ce sans-papiers marocain est poignante. Alors qu’il était en route vers l’Italie pour y trouver du travail, il s’arrête à Nice. Voulant se baigner, il plonge, mais atterrit mal sur l’étendue d’eau. Un mois et demi de coma.

Au réveil, Youssef se retrouve sur un lit d’hôpital et découvre qu’il lui est désormais impossible de bouger. Le jeune homme n’a eu aucune visite pendant cinq mois, vu que les membres de sa famille, établis au Maroc, n’ont pas pu décrocher un visa.

Après cinq mois à l’hôpital, soit en janvier dernier, Youssef, désormais tétraplégique, voit entrer dans sa chambre d’hôpital deux policiers accompagnés d’un interprète. Ils lui remettent un document qu’il signe sans bien comprendre qu’il s’agit d’une OQTF.

Au lieu de le mettre dans un centre de rééducation, ils veulent l’expulser vers le Maroc

Son avocat, Me Sefen Guez Guez, s’indigne et se demande « comment un tétraplégique peut-il signer un document ? ». Alors que son client devait aller dans un centre de rééducation, le voilà désormais qui risque d’être mis dans un avion vers le Maroc.

« C’est clairement inhumain ! », a fustigé l’avocat qui estime que la préfecture n’a pas pris en considération l’état de santé de son client qui « n’a pas de casier judiciaire ni aucun antécédent ».

Afin de sauver Youssef de l’expulsion, l’avocat a déposé un recours devant le tribunal administratif et assure qu’il va « faire une demande de titre de séjour pour étranger malade à la préfecture ». Contacté par le média français, le service de l’État n’a pas souhaité communiquer à ce sujet.

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