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EXCLUSIF. Visas, étudiants, rapatriement…Entretien avec Marc Sédille, Consul général de France à Alger

Dans cet entretien exclusif accordé à VVA (visa-algerie.com), Marc Sédille, Consul général de France à Alger, aborde toutes les questions liées aux visas, aux étudiants algériens…

Dans cet entretien exclusif accordé à VVA (visa-algerie.com), Marc Sédille, Consul général de France à Alger, aborde toutes les questions liées aux visas Schengen, la situation des étudiants, le rapatriement des personnes bloquées…

Le consulat général de France à Alger vient de rouvrir ses portes pour certains services. Quelle est la prochaine étape ?

La fermeture au public du consulat général de France à Alger le 17 mars est la conséquence de la crise sanitaire. Il s’agissait évidemment de protéger le public et les agents consulaires contre la pandémie en évitant tout contact susceptible de les mettre en danger.

Pour autant, la fermeture au public ne signifiait pas que le consulat général cessait de fonctionner. L’ensemble des personnels disponibles a été mobilisé par la gestion de la crise des retours des Français bloqués en Algérie en raison de la fermeture soudaine des frontières et, par voie de conséquence, de la suspension des liaisons aériennes et maritimes entre l’Algérie et la France.

Aujourd’hui, nous sortons progressivement de cette situation d’urgence. Le consulat général peut de nouveau se consacrer à ses activités ordinaires. Mais cela doit se faire avec prudence, avec le souci de protéger les visiteurs et les agents consulaires.

Le coronavirus circule encore. Il ne faut pas baisser la garde. Les autorités algériennes ont d’ailleurs prolongé les mesures de confinement. C’est pourquoi cette réouverture se fera progressivement.

Aujourd’hui, le service de l’état civil, le service de la nationalité reçoivent à nouveau du public. Nous remettons les passeports et les cartes nationales d’identité demandées avant le 17 mars. Le service des bourses scolaires n’a jamais cessé de fonctionner, même au pire moment de la crise.

La suite dépendra de l’évolution de la situation sanitaire en Algérie et dans le monde, notamment de la réouverture des frontières internationales.

Les Algériens s’interrogent sur la reprise du service des visas. A quelle échéance va-t-elle intervenir ?

Comme je viens de l’indiquer, la reprise de la délivrance des visas est étroitement liée à la réouverture des frontières internationales. S’agissant des frontières intérieures à l’espace Schengen, frontières entre la France et l’Allemagne, ou l’Italie, ou l’Espagne par exemple, une coordination se met en place qui prend en compte la situation sanitaire particulière de chacun des Etats. Le Covid-19 n’a pas circulé de la même façon partout. Ce qui importe, c’est que cette réouverture des frontières intérieures soit coordonnée afin de ne pas mettre en danger l’amélioration de la situation sanitaire constatée dans nos pays respectifs.

S’agissant des frontières extérieures Schengen, et donc entre la France et l’Algérie, il faut encore attendre. Cela viendra plus tard. Ce n’est pas seulement une décision des autorités européennes. C’est également une décision des autorités algériennes de rouvrir leurs frontières. Il n’est pas possible à ce stade de donner une date précise. Mais nous travaillons d’ores et déjà à un scénario de reprise progressive du service des visas afin d’être prêt le moment venu.

Il y a certains cas prioritaires, comme les malades, les conjoints de Français ou de résidents en France qui souhaitent les rejoindre… Une procédure est-elle envisagée avant la réouverture totale des visas ?

La reprise, lorsqu’elle sera possible, sera progressive. Nous devrons prioriser certaines catégories de demandeurs mais rien n’est encore finalisé. Nous y travaillons avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur, nos ministères de tutelle en matière de visa, mais également avec nos prestataires de service, VFS Global à Alger, et TLS Contact à Oran et Annaba.

Il y a aussi les étudiants qui ont finalisé leurs inscriptions dans les universités françaises. Des visas leur seront-ils délivrés à temps pour pouvoir faire leur rentrée ?

Nous sommes très attentifs à la situation des étudiants algériens qui souhaitent poursuivre leurs études en France et qui ont suivi le parcours Campus France, y compris pendant la période compliquée de la crise sanitaire.

En effet, les équipes de Campus France Algérie se sont adaptées aux circonstances exceptionnelles, elles ont mené les entretiens avec les étudiants par visioconférence, elles ont reçu et validé les dossiers de manière dématérialisée.

Comme je viens de le dire, rien n’est encore arrêté s’agissant de la reprise de la délivrance des visas, mais cette catégorie de demandeurs sera de façon certaine l’une de nos priorités à la reprise pour leur permettre d’entamer leur cursus en France dans les meilleures conditions.

Quelle est la procédure pour les détenteurs de visas qui n’ont pas été utilisés ou qui ont expiré durant la pandémie ?

En raison de la crise sanitaire liée au Covid-19, la France a suspendu la délivrance des visas jusqu’à nouvel ordre. Cette décision concerne toutes les demandes de visas (visas Schengen de court séjour, visas long séjour pour la France, visas pour les Outre-Mer).

Les personnes dont le rendez-vous au centre VFS a été annulé et qui avaient déjà acquitté les frais de service n’auront pas à les payer de nouveau. Elles devront payer les frais de dossier. VFS facilitera l’accès au rendez-vous.

Celles dont le dossier leur a été retourné sans qu’une décision soit prise en raison de la fermeture du service des visas bénéficieront de la gratuité des frais de dossier lors de leur prochaine demande sur présentation de la quittance de la demande non traitée. Les frais de service devront être payés à VFS qui facilitera la procédure pour la prise du rendez-vous.

Celles dont le visa n’a pas été utilisé bénéficieront d’une procédure simplifiée et de la gratuité des frais de visa. Les frais de service devront être payés à VFS. Le Consulat général communiquera en temps utile sur cette procédure simplifiée.

Enfin, celles ayant utilisé partiellement leur visa devront s’acquitter de la totalité des frais et présenter un dossier complet.

La procédure et les conditions de délivrance des visas vont-elles changer ? On pense par exemple à l’obligation de présenter un test Covid négatif…

Il n’y a, à ce stade, aucune instruction faisant état d’une modification de la procédure et des conditions de délivrance des visas.

Une opération de rapatriement de ressortissants français est en cours. Elle a connu quelques difficultés au départ. Comment se déroule-t-elle ?

Le 17 mars, la frontière algérienne puis les frontières extérieures Schengen ont été fermées. Les liaisons maritimes et aériennes ont été suspendues sans préavis et jusqu’à nouvel ordre. Elles le sont toujours. Contrairement à ce que j’ai pu lire, l’espace aérien n’est pas rouvert. Les frontières ne sont pas ouvertes non plus. Sur ce point, nous sommes toujours dans la même situation juridique que celle qui prévalait le 18 mars.

Le 18 mars, plusieurs milliers de personnes de passage en Algérie se sont ainsi trouvées bloquées, sans solution à court ou moyen terme. Cette situation s’est reproduite partout dans le monde. La crise a été planétaire.

Pour permettre le retour en France des personnes bloquées à l’étranger, il était nécessaire de faire appel aux compagnies privées. Air France a été présente à nos côtés depuis le début de la crise. Pour faire décoller d’Algérie et atterrir en France des avions alors que les frontières sont fermées, il faut des autorisations spéciales délivrées par les autorités françaises et algériennes. Dans le contexte de confinement et de restrictions sur la circulation des personnes, ces autorisations ne pouvaient être qu’exceptionnelles.

Dans les premiers jours de la crise, seuls 2 vols hebdomadaires vers la France étaient opérés. A ce rythme, il aurait fallu des mois pour permettre le retour des personnes bloquées. L’une des priorités des autorités françaises a donc été de travailler à développer l’offre, en collaboration avec les autorités algériennes, tout en tenant compte des capacités opérationnelles de la compagnie Air France, elle-même impactée par les mesures de confinement et de restriction de circulation de ses personnels navigants. Le travail réalisé a payé.

Aujourd’hui, plus de 40 vols hebdomadaires sont opérés par Air France, ASL Airlines et bientôt Transavia. Ce sont toujours des vols exceptionnels soumis à autorisation. Ce ne sont pas des vols réguliers. Corsica Linea, mobilisée en début de crise par la situation en Corse, vient de réaliser une première traversée maritime vers Marseille. Il y en aura d’autres les 7 et 9 juin. Mais ce sont également des traversées exceptionnelles soumises à autorisation.

J’entends, je lis que la France aurait abandonné ses ressortissants. Je pose la question : quel autre pays a-t-il organisé en Algérie un tel pont aérien ? Quels avions voit-on voler dans le ciel d’Alger, d’Oran, d’Annaba, de Bejaïa ? Il n’y a pas d’équivalent. L’effort de notre pays a été exceptionnel. Il a été planétaire. La principale difficulté pour toutes les personnes bloquées en Algérie a été l’attente. Le stress a été intense. Il était parfaitement légitime.

Nous l’avons évidemment entendu au travers des milliers d’appels téléphoniques et de messages électroniques reçus. Un pôle social et un pôle sanitaire ont été mis en place pour porter assistance à nos compatriotes en difficulté, en attendant un départ. Des autorisations ont ainsi été obtenues des autorités algériennes pour faciliter l’envoi de médicaments pour les personnes de passage bloquées en raison de la crise sanitaire. Depuis le 17 mars, les agents diplomatiques et consulaires disponibles sont mobilisés sans discontinuer. Ils le sont toujours.

Combien de temps va-t-elle encore durer ?

Comme je viens de le dire, l’offre a augmenté de façon significative. Le déconfinement et l’assouplissement des restrictions sur la circulation des personnes en France ont participé à cette augmentation de l’offre. Aujourd’hui, elle a atteint un niveau qui doit permettre le retour dans un délai raisonnable des personnes encore bloquées en Algérie. Les billets sont en vente sur Internet. Chacun est aujourd’hui en capacité de trouver une solution.

Les services diplomatiques et consulaires demeurent mobilisés afin de maintenir, en concertation avec les autorités algériennes et les compagnies de transport aérien et maritime, ce dispositif tant qu’il restera des personnes à faire rentrer en France.

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