L’euro poursuit sa course folle sur le marché noir des devises. Ce lundi 24 novembre, la monnaie unique européenne a pulvérisé un énième record face à la monnaie nationale, dépassant largement les 280 dinars algériens.
Les cambistes du square Port-Saïd d’Alger, principale place du change parallèle dans le pays, proposent en effet l’euro à 283 dinars algériens, ce qui signifie que pour un billet de 100 euros, il faudra débourser une liasse de 28.300 dinars. Du jamais vu : en l’espace de trois semaines, l’euro a battu plusieurs records, atteignant un niveau inimaginable il y a quelques semaines.
Une aubaine pour les touristes étrangers et la diaspora
Cette flambée de l’euro est une aubaine pour les touristes européens et les membres de la diaspora lorsqu’ils se rendent en Algérie.
En échangeant leurs devises au marché parallèle, ces derniers gagnent au change grâce à un écart de 80% avec le taux bancaire, ce qui leur permet de passer des séjours très confortables financièrement, avec une petite somme en euro ou en dollar, car la devise étasunienne flambe aussi face au dinar.
Concrètement, avec une même somme en euro, le visiteur peut acheter beaucoup plus de dinars qu’avant. Ainsi, toutes les dépenses en Algérie deviennent plus accessibles, comme les hôtels, les transports, la restauration, l’habillement… et bien évidemment le carburant, qui est déjà subventionné par l’État.
Pour les membres de la diaspora également, en plus de tous ces avantages, lancer des investissements personnels ou aider leurs familles en Algérie deviennent également beaucoup plus faciles qu’avant.
L’Europe devient quasi inaccessible pour les voyageurs algériens
En revanche, si la flambée de l’euro représente une aubaine pour les touristes étrangers et les membres de la diaspora, elle engendre des coûts très élevés pour les voyageurs algériens qui souhaitent se rendre à l’étranger, notamment en Europe.
En passant par le marché parallèle pour se procurer des euros, une étape presque inévitable, ils doivent sortir beaucoup de dinars algériens pour obtenir très peu en monnaie européenne. Pratiquement, pour avoir un billet de 100 euros, ils sont obligés de débourser jusqu’à 28.300 dinars.
Les voyages vers l’Europe ou la Turquie, destinations prisées des Algériens, deviennent ainsi inaccessibles. Il ne leur reste donc que la Tunisie, pays voisin et destination dans laquelle l’allocation touristique de 750 euros, proposée au taux de change de la banque, couvre une grande partie du voyage.
Un impact inévitable sur le coût des voitures importées de l’étranger
Et ce n’est pas tout. Les voitures neuves et de moins de trois ans, importées par les particuliers algériens, vont également coûter plus cher, sachant que pour les payer à l’étranger, les acheteurs doivent échanger leurs dinars algériens en devise sur le circuit informel.
D’ailleurs, les importations de ces véhicules ont carrément explosé ces derniers mois, ce qui a engendré une forte pression sur les devises au marché parallèle, entraînant une forte demande face à une offre insuffisante, et donc une flambée continue de l’euro et du dollar. Un véritable cercle vicieux.
