En France, les transferts de fonds par les immigrés dans leur pays d’origine, dont l’Algérie en particulier, font l’objet d’une note émise par le très controversé Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID).
Les sommes envoyées par les étrangers vers leurs pays sont un « phénomène » qui affecterait « directement l’économie française », selon le rapport dévoilé cette semaine par le journal Le Figaro.
Connu pour ses rapports biaisés et très peu rigoureux, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) s’impose pourtant dans le débat public en France grâce notamment à ses relais au Parlement et dans les médias.
L’OID publie un rapport sur les transferts de fonds de la diaspora
Cette fois, il s’est penché sur « les transferts de fonds des migrants », soulignant qu’entre 2009 et 2023, ces transferts d’argent ont représenté pour la France une perte de 155,5 milliards d’euros cumulés (solde entre les sommes entrantes et sortantes).
Sur la base de « données disponibles sur Eurostat », la note indique que France est même championne européenne en la matière, avec un solde de 15,8 milliards en 2023, soit près de la moitié du déficit européen (44 %) qui s’élevait à 35,9 milliards d’euros durant la même année.
« À l’échelle du continent, ce chiffre n’était que de 12,4 milliards d’euros en 2014 et a donc presque triplé depuis lors », souligne la même source, affirmant que « la crise migratoire commencée en 2015 a assurément contribué à cette augmentation ».
Quant aux pays bénéficiaires, un sujet sur lequel la note s’est longuement attardée, il a été souligné qu’en 2023, « le déficit français lié à ces sommes » bénéficiait pour plus de la moitié au continent africain (51 %) et plus précisément aux pays d’Afrique du Nord (41 %).
L’OID point un système de transferts illicite « notamment utilisé par les Algériens »
L’Observatoire OID précise à ce propos qu’il n’y a aucune donnée sur les transferts effectués par les Algériens de France vers l’Algérie, mis à part la somme de 1,7 milliard d’euros de transferts en 2023, recensée par la Banque mondiale.
Et même si ce chiffre ne précise pas la provenance de la somme, la note de l’OID indique qu’une « partie significative vient assurément de l’Hexagone, si l’on tient compte du poids de ce pays dans l’immigration française et du poids total de l’Afrique du Nord dans les sommes envoyées depuis la France ».
De plus, toujours dans l’objectif à peine voilé de pointer les transferts de fonds de la diaspora algérienne vers l’Algérie, la note ajoute que ces chiffres ne prennent pas en compte les transferts informels via le marché noir de la devise, précisant qu’il s’agit d’un « système qui est notamment utilisé par les Algériens ou les Français d’origine algérienne ».
S’attaquer au marché noir de la devise
Interrogé par Le Figaro, Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France à Alger, parle de la mise en place d’un « système parallèle qui a lieu dans les arrière-cafés des bistrots algériens, dans le 11ème arrondissement de Paris, en Seine-Saint-Denis, à Lyon ou Marseille».
La note de l’OID indique par ailleurs que ces transferts financiers, dont ceux effectués vers l’Algérie, représentent une aide importante pour les familles bénéficiaires. « Mais ils risquent de les pousser à moins travailler et investir ».
L’OID avance plusieurs suggère d’instaurer une taxe européenne sur les transferts de fonds à destination des pays tiers. Pour le marché noir vers l’Algérie, il prône un renforcement des contrôles financiers et des sanctions.
