Nouveau coup dur pour les étudiants étrangers non-européens en France. À l’université de Strasbourg, ils sont désormais contraints de payer près de 4.000 euros pour accéder au master, autrement, ils sont exclus.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du dispositif « Bienvenue en France » mis en place depuis 2019 et qui vise à augmenter les frais d’inscription pour les étudiants étrangers, dont les Algériens. La majorité des universités ne l’appliquait pas jusqu’à récemment.
NOS VIDEOS
« L’université de Strasbourg passe à la vitesse supérieure dans l’application de ce dispositif », dénonce ce lundi 8 décembre l’organisation de gauche « Révolution permanente », soulignant que les frais imposés aux étudiants étrangers sont « exorbitants ».
Des frais d’inscription au master de 3.941 euros pour les étudiants étrangers
L’établissement avait voté le dispositif en Conseil d’Administration en 2023 pour une application l’année suivante, mais avec une exonération partielle puis totale, s’engageant à rembourser une partie des paiements réalisés et sans désinscription des étudiants.
Cette année, l’université a envoyé des mails à plus de 150 étudiants étrangers qui n’avaient pas les moyens de payer les frais supplémentaires imposés, et qui ne bénéficiaient pas d’une exonération. Le montant réclamé s’élève à 3.941 euros l’année par étudiant.
Ces étudiants, déjà en situation de précarité et confrontés aux augmentations drastiques prévues dans le budget 2026 pour les universités, ont été informés de leur retrait des listes d’examen et de la désactivation de leur carte étudiante.
L’université de Strasbourg a fixé la date limite de paiement des frais d’inscription au 10 décembre. Mais avant même cette date butoir de paiement, ces étudiants se sont vus désinscrits des listes d’examen et du campus, indique la même source.
À défaut de payer ces frais, ces étudiants risquent de perdre leurs titres de séjour
Cette situation a plongé de nombreux étudiants étrangers, déjà précaire, dans la détresse. En plus d’être empêchés de poursuivre leurs études et d’accéder aux restaurants universitaires, ils ne peuvent pas aussi renouveler leurs titres de séjour.
« On devait être dispensés de payer, et une semaine plus tard, les règles avaient changé. Je devais payer 2.400 euros et j’ai reçu un mail qui me demandait en fait 4.000 euros », témoigne une étudiante.
« On voit que personne n’a cet argent, tout le monde a besoin de l’exonération et on ne comprend pas pourquoi la fac refuse certaines demandes et sur quels critères », poursuit-elle. Dans de nombreux cas, le refus d’exonération était même accompagné d’une procédure de désinscription.
Ainsi, en plus des frais d’inscription exorbitants qu’ils sont appelés de payer, ces étudiants étrangers vivent le stress et l’angoisse de ne pas pouvoir renouveler leur titre de séjour si la fac décide de les désinscrire. Une autre difficulté qui vient aggraver leur précarité.
