À Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le cas d’un Algérien sous OQTF mobilise les robes noires. Ce jeune de 24 ans est placé en rétention administrative, en attendant qu’on lui délivre un laisser-passer consulaire pour être expulsé en Algérie.
Mais dans un contexte de crise diplomatique entre l’Algérie et la France, la rétention administrative de ce ressortissant algérien ne fait que se prolonger sans aucune perspective concernant son expulsion vers l’Algérie, rapporte le média Rue 89.
Le calvaire de ce ressortissant algérien, père d’une fille née en France, commence avec sa condamnation à une peine de deux ans et dix mois de prison pour violences. Une fois sa peine purgée, début décembre 2025, il se retrouve directement placé en rétention administrative par la préfecture de la Corrèze, dans l’attente de son expulsion.
Sa rétention sans cesse renouvelée sans perspective d’expulsion
Le 13 décembre, une première décision de prolongation de la rétention est intervenue, suivie par une autre le 8 janvier. La décision peut être renouvelée trois fois, mais la rétention continue ne doit pas dépasser les 90 jours.
Cela dit, le ressortissant algérien « peut être interpellé à nouveau après une semaine et ça reprend », dénonce Me Pierre Lanne, l’un des avocats bordelais de l’Institut de défense des étrangers (IDE), présents ce 9 février 2026 à la cour d’appel de Bordeaux pour s’opposer à la troisième décision de prolongation de la rétention de ce ressortissant algérien.
Maître Quentin Debril dénonce quant à lui « une abomination et mascarade d’un point de vue humain » rappelant que la loi n’autorise la rétention d’un étranger « que pour le temps strictement nécessaire à son départ ».
Or, au moment où Alger refuse d’accueillir les OQTF, l’expulsion reste incertaine. « Vous ne vous êtes pas trompé une fois, vous vous êtes trompé 100 fois. Et le risque est de vous tromper 100 fois de plus…Le perdant c’est évidemment la loi », s’emporte maître Lanne contre la préfecture.
Le cas de ce ressortissant algérien est loin d’être unique alors que les centres de rétention de l’Ile de France sont occupés à 40 % par des ressortissants algériens, selon Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur. À l’échelle nationale, ce chiffre serait même de 44 %, souligne le média français.
Il s’agit donc d’une impasse judiciaire causée par la crise diplomatique, mais dont les conséquences sont profondément humaines dans le sens où elles portent directement préjudice aux droits des ressortissants algériens en France.
