En juillet dernier, les voyageurs algériens ont commencé à bénéficier d’un droit de change au taux officiel d’un montant maximal de 750 € par année.
Cette revalorisation du montant de l’allocation touristique, passée d’environ 100 € à 750 €, vise à faciliter le voyage des Algériens à l’étranger et à préserver leur dignité.
Hélas, la flambée de l’euro sur le marché noir des devises et l’appât du gain de certains voyageurs ont mené à des scènes déplorables.
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Par un calcul purement mercantile, certains voyageurs envisagent de bénéficier de l’allocation touristique au taux de change officiel (750 € pour un peu plus de 110.000 DZD) pour revendre ensuite les euros sur le marché noir des devises (750 € pour plus 210.000 DZD).
Une détente transformée en calvaire
Les règles fixées par le gouvernement obligent pourtant les voyageurs bénéficiant de l’allocation touristique à rester 7 jours à l’étranger. En cas d’annulation du voyage, il faudra restituer la somme dans les cinq jours ouvrés. La loi considère aussi tout détournement de l’allocation au profit d’un tiers comme étant une infraction pénale.
Mais ces mesures n’ont pas su détourner certains voyageurs de la tentation, en témoigne le rush qui règne au niveau des postes frontaliers avec la Tunisie, mais surtout le comportement de certains voyageurs algériens, qui tentent de maximiser leurs gains en arrivant en Tunisie.
Rien qu’au niveau du poste frontalier Heddada de Souk Ahras, 1.500 voyageurs tentent de traverser pour la Tunisie chaque jour. Beaucoup se retrouvent à attendre des heures devant les guichets de la Banque d’Algérie pour décrocher la précieuse allocation, rapporte le quotidien local l’Est Républicain, dans un reportage publié ce 30 novembre 2025.
Voyage en Tunisie : ces Algériens qui ne vont que pour l’allocation touristique
Si certains d’entre ces voyageurs comptent dépenser cette allocation pour se détendre dans les hôtels tunisiens, d’autres ne vont pas aller loin, car ils reviennent en Algérie le même jour, bravant la réglementation en vigueur, rien que pour revendre les 750 € en entier, sans en perdre un seul centime.
D’autres se montrent plus prudents, choisissant de respecter la durée de voyage exigée (7 jours) afin de ne pas perdre le droit pour l’allocation pendant les 5 prochaines années. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils vont profiter de leur séjour en Tunisie…
Dans la petite localité de Sakiet Sidi Youssef, un spectacle désolant se prête en effet à voir. Des voyageurs algériens, sans bagages ni projet de séjour, deviennent les pigeons d’un marché parallèle d’hébergement. On les appelle les « pirates de l’allocation touristique », mais ce sont eux qui se font accoster par les « pirates de l’immobilier » en Tunisie.
Voyage en Tunisie : des Algériens qui dorment à même le sol
À défaut de dormir dehors dans ces temps froids, cette catégorie de voyageurs algériens se fait caser dans des endroits « qui n’ont rien d’un hébergement digne », et ce, contre la modique somme de 10 ou 12 dinars tunisiens, dévoile le quotidien algérien.
La même source précise que des dizaines de personnes dorment dans la même pièce, souvent sans chauffage, sur des matelas fins et avec des couvertures usées. Certains voyageurs infortunés se retrouvent parfois à dormir à même le sol !
Ainsi, certains voyageurs algériens, qui disposent d’assez d’argent pour passer une semaine dans un hôtel classé à Djerba ou à Sousse, choisissent de souffrir plusieurs jours à Sakiet Sidi Youssef, et ce, pour un objectif clair : repartir avec les 750 € !
En cette fin d’année, le rush vers la Tunisie ne fera qu’augmenter. Outre les vacanciers qui voudront y passer le réveillon, il y aura aussi ceux portés par la rumeur disant que l’allocation touristique va être supprimée en 2026.
