Tout au long de la journée du samedi 13 décembre, plus de 600 passagers algériens ont été « abandonnés » devant l’entrée du port de Sète. Ce lundi, les critiques fusent contre la compagnie maritime italienne.
Le navire de la compagnie italienne GNV, qui devait les acheminer vers le port de Bejaia, avait été retenu pendant de longues heures par les autorités françaises.
Si ce genre d’imprévu, totalement indépendant de la volonté de l’opérateur, est monnaie courante dans le secteur des transports, la compagnie maritime a au moins le devoir, voire l’obligation, de fournir une communication fiable et sincère à ses passagers.
Vives critiques et interrogations
Le blocage des voyageurs algériens devant le port de Sète pendant toute une journée, sans la moindre information de ce qui se passait, suscite moult interrogations. Si les voyageurs ont fini par être acheminés vers le port de Bejaia, le navire de la compagnie italienne n’a levé l’ancre qu’après 16 heures de retard.
N’est-il pas de l’intérêt de l’opérateur d’informer ses clients à l’avance d’une éventuelle annulation ou d’un retard de départ ? Les voyageurs concernés ont également dénoncé la communication défaillante la veille du voyage.
« Hier (vendredi, NDLR), à 19 h 56, la compagnie demandait encore aux voyageurs de bien arriver 5 h à l’avance pour nous dire à 1 h du matin qu’on ne partirait pas. C’est un scandale », s’est indigné un passager cité par le journal français Le Midi Libre.
« Comment a-t-on pu laisser en errance 600 passagers toute une journée »
La compagnie maritime « a envoyé un message à 1 h du matin pour nous prévenir que le trajet serait peut-être annulé », a dénoncé un autre. L’ensemble des passagers de cette traversée ont fait de longs trajets de nuit pour arriver à temps. Leur colère et leur indignation sont tout à fait compréhensibles.
Ils sont en effet venus du nord de la France, de Paris et sa banlieue, et même de Belgique, d’Angleterre, d’Allemagne ou des Pays-Bas. Après l’annulation de la traversée, ils étaient laissés pour compte toute la journée, sans aucune assistance.
« Comment a-t-on pu laisser en errance 600 passagers toute une journée sans les informer un seul instant de ce qui se passait ? Pourquoi la compagnie GNV n’a-t-elle pas délégué un représentant pour aller voir les passagers ? », s’est interrogé le journal français qui était sur place.
Le port de Sète aurait aussi refusé d’ouvrir de l’ancienne gare maritime
La responsabilité du chaos survenu devant le port de Sète incombe aussi à l’autorité portuaire, qui a refusé l’ouverture de l’ancienne gare maritime, ce qui aurait pu améliorer les conditions de l’attente, selon la même source.
La situation était tellement tendue que la police municipale de Sète a dû intervenir pour gérer la circulation, calmer les passagers bloqués et éviter les débordements. Une grande partie de ce travail devait pourtant être faite par la compagnie et le port. Mais rien.
Cet incident laisse à se demander pourquoi la clientèle algérienne, constituée majoritairement de membres de la diaspora, et qui paye des tarifs exorbitants pour les billets, se retrouve toujours victime des déboires des transporteurs.
Selon des sources citées par Le Midi Libre, le navire de GNV serait resté bloqué au port de Sète depuis quatre jours, dans le cadre d’une réquisition judiciaire et d’une enquête pour rechercher un individu et du matériel informatique. Est-il si difficile d’informer les voyageurs à l’avance ?
