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Le durcissement de la politique migratoire en France impacte la quasi-totalité des demandeurs de titres de séjour, même ceux qui sont en France pour des raisons médicales sérieuses.

Arrivé en France en 2019 avec son épouse Sabra, Baligh Barkallah, un ressortissant tunisien atteint d’insuffisance rénale depuis 2013, s’est retrouvé privé d’un titre de séjour, et donc d’une greffe.

À son arrivée dans l’Hexagone, tout se passait pourtant bien. Ce ressortissant tunisien bénéficiait d’un logement près de l’hôpital ce qui lui permettait de recevoir les soins nécessaires. Ayant été en situation régulière dans l’Hexagone, il était également inscrit sur la liste des personnes en attente d’une greffe.

Alors qu’il attendait une greffe de rein, ce Tunisien se retrouve sans-papiers

Baligh, âgé de 61 ans, subissait trois séances de dialyse par semaine au centre hospitalier du Mans (CHM), en attendant son tour pour recevoir une greffe. Mais en 2022, la préfecture de la Sarthe a décidé de lui retirer son titre de séjour, et le couple se retrouve alors à la rue, rapporte Ouest-France.

« On est venus avec de grands espoirs, la France représentait pour nous le pays des Droits de l’Homme et de l’Humanité », indique l’épouse de ce ressortissant tunisien qui voit l’espoir d’une greffe s’évaporer et l’état de son mari se dégrader depuis la décision de la préfecture.

Le service de l’État estime quant à lui que Baligh peut bénéficier d’un traitement approprié en Tunisie. Baligh explique pourtant qu’en Tunisie, la greffe est réservée aux membres de la même famille, soulignant qu’il n’a personne de compatible au sein de son cercle familial.

« C’est une question de vie ou de mort »

Malgré le retrait de son titre de séjour, Baligh n’a pas reçu d’OQTF. Il est ainsi condamné par la préfecture à vivre comme un sans-papiers sans aucun droit social. Le ressortissant tunisien n’a trouvé à ses côtés que son épouse et les militants de la Cimade, du Samu social et des Restos du cœur.

L’épouse de Baligh qui l’accompagne encore à ses séances de dialyse indique que son mari est affaibli et qu’elle ne peut plus le laisser seul. Selon Philippe Chabin, bénévole à la Cimade, Baligh devrait décrocher un titre de séjour et une greffe car il s’agit d’une « question de vie ou de mort ».

Un constat confirmé par une évaluation sociale du CHM qui indique que l’état de santé du ressortissant tunisien « s’est nettement dégradé et nécessite une prise en charge continue et soutenue ainsi qu’un environnement adapté ».

Hier, la préfecture de la Sarthe a réagi en affirmant que la demande de titre de séjour était en « cours d’instruction ».

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