Le rêve canadien qui a attiré de nombreux étrangers se transforme en galère après l’adoption d’une politique ouvertement anti-migratoire par le gouvernement fédéral mais aussi par le gouvernement de la province du Québec.
Le Québec, longtemps réputé terre d’accueil pour les étrangers, notamment pour les familles et les compétences algériennes, marocaines et tunisiennes, a basculé dans une gestion stricte de la question migratoire.
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Le gouvernement québécois a notamment aboli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), ce qui a « fragilisé des entreprises et suscité des départs forcés (d’étrangers) », indique le média canadien Le Petit Journal.
Elle quitte la France pour fuir le racisme et le retrouve au Québec
Samira Laouni est une Marocaine établie au Québec depuis 1998. Cette ancienne professeure à la Sorbonne avait quitté la France pour le Canada pour fuir le racisme, mais elle semble regretter son choix.
Quand elle projet de s’expatrier au Québec en 1998, les services d’immigration de la Province lui avaient pourtant assuré qu’elle serait la bienvenue. Mais les lois anti-migratoires n’ont pas tardé à s’enchaîner ces dernières années, lui faisant regretter son choix, explique le média local The Globe and Mail.
Samira dénonce notamment la loi 21 qui interdit le port de symboles religieux aux employés de l’État en position d’autorité ainsi que la loi 96 qui impose l’usage du français dans les entreprises et les services publics, et qui étend l’interdiction des symboles religieux aux travailleurs des écoles publiques qui interagissent avec les élèves.
Des lois qui impactent considérablement la communauté musulmane, notamment ses membres nouvellement débarqués, qui ne maîtrisent pas encore très bien le français.
Cette Marocaine veut quitter le Québec pour revenir au Maroc
Ces deux lois ont directement impacté la vie de cette Marocaine, que ce soit professionnellement ou personnellement. Elle a notamment vu sa fille aînée, qui « ne supportait plus le discours ici », quitter le Québec pour s’installer à Ottawa.
Samira, qui constate que son fils, étudiant en biomédecine, compte lui aussi quitter la Provence pour s’installer au Maroc, prévoit, elle aussi, de retourner dans son pays d’origine, indique le Globe And Mail.
Pour l’Association canadienne des libertés civiles, les lois imposées par le gouvernement Legault s’apparentent aux « premières étapes d’une dérive autoritaire », rapporte la même source qui souligne que la politique du gouvernement a mis en place un climat tendu et une stigmatisation systématique des minorités, notamment la minorité musulmane.
« On travaille comme des chiens pour payer des impôts, on contribue à la société, et on finit par être rejetés. Émotionnellement, c’est très, très dur », se plaint la ressortissante marocaine qui compte vendre sa maison au Québec où elle a pourtant eu un parcours d’immigration modèle.
