Avec le durcissement des politiques migratoires en Europe, de nombreux ressortissants algériens se sont retrouvés dans en situation irrégulière, en France, en Espagne, mais aussi en Italie.
Contrairement à l’Espagne, qui prévoit de régulariser plus de 500.000 travailleurs sans-papiers, l’Italie, dirigée par le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, affiche clairement sa volonté d’accélérer les procédures d’expulsion. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Le pays a même signé un accord avec l’Albanie qui lui permet d’y envoyer les sans-papiers, peu importe leur nationalité.
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Dans ce contexte, un sans-papiers algérien s’est retrouvé pris en tenaille entre la volonté politique du gouvernement italien qui veut l’expulser et les lois italiennes qui lui donnent le droit de rester en Italie. Un cas qui a fini par faire réagir la première ministre italienne Giorgia Meloni.
Dans une vidéo diffusée mardi 17 février, la cheffe du gouvernement italien regrette qu’un « citoyen algérien en situation irrégulière en Italie, qui a 23 condamnations derrière lui…, ne peut être détenu dans un CPR (Centre de détention administrative) ni transféré dans un centre en Albanie en attendant d’être rapatrié ».
À travers le cas de ce sans-papiers algérien, la première ministre italienne s’attaque au système judiciaire de son pays qu’elle juge visiblement trop laxiste en matière d’immigration.
Elle note avec amertume : « Les juges ont même décidé de ne pas expulser ce ressortissant algérien, mais aussi de lui verser 700 € en guise de dédommagement par le ministère de l’Intérieur ».
Il est à noter que ce ressortissant algérien a été expulsé en Albanie sans avoir été informé préalablement. Le sans-papiers a pourtant une épouse et des enfants mineurs en Italie.
Une situation qui a amené le tribunal de Rome à condamner le ministère de l’Intérieur pour « négligence… ayant porté atteinte à la vie privée et familiale du ressortissant algérien ».
Meloni dénonce « une partie politisée du pouvoir judiciaire » en Italie
Considérant la décision du ministère, portant sur l’expulsion du ressortissant algérien, comme étant illégale et allant à l’encontre de l’article 8 de la CEDH, le tribunal de Rome a décidé de l’annuler et d’enjoindre à l’autorité gouvernementale de verser une indemnisation de 700 € au sans-papiers algérien.
Une tournure des événements qui a fait sortir de ses gonds la première ministre italienne qui dénonce « une partie politisée du pouvoir judiciaire qui entrave les actions de lutte contre l’immigration illégale ».
La responsable se demande « comment contrer ce phénomène si ceux qui violent la loi à plusieurs reprises restent sur notre territoire et si l’état est sanctionné pour avoir tenté d’appliquer le règlement ».
Mais Meloni ne se décourage pas et assure que « le gouvernement va continuer à œuvrer afin de renforcer les instruments de la lutte contre l’immigration illégale », et ce, via notamment « des initiatives pour des procédures plus rapides et efficaces ».
