Pâtissière algérienne et médecin de formation, elle est passée maître dans l’art du trompe-œil.
Asma Bessedik s’impose comme l’un des nouveaux visages de la scène culinaire algérienne. Elle détourne les plats traditionnels populaires pour créer des illusions sucrées hyper réalistes.
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Dans une vidéo publiée par Brut Afrique sur TikTok, elle propulse son « couscous trompe-l’œil » au rang de phénomène viral. Découvrez son histoire.
Une signature visuelle originale pour une pâtissière atypique
Pour le média Brut Afrique, Asma Bessedik raconte son parcours et la philosophie derrière son travail : « Je suis médecin de formation, artiste par instinct et pâtissière par passion. Je suis spécialisée en trompe-l’œil algérien ».
Son aventure sucrée démarre il y a 2 ans, lorsqu’elle participe à la première saison du concours télévisé « Le Meilleur Pâtissier DZ ». De retour chez elle, elle se fixe le défi de trouver une signature artistique forte.
@brutafrique 🇩🇿 « On dit que l’Algérie, c’est le pays des 1001 couscous. Moi, j’en ai créé un 1002ᵉ. » Rechta, tajines ou couscous… Dans sa cuisine, Asma réalise des trompe-l’œil sucrés inspirés des spécialités culinaires algériennes. Pour Brut, l’artiste pâtissière révèle quelques-uns de ses secrets. #afrique #culture #cuisine #Algerie
L’idée s’impose rapidement : revisiter les plats algériens (karantika, rechta, harira, mtewem) en version sucrée.
Asma relate : « L’idée m’est venue de travailler ou recréer un plat emblématique et symbolique, un plat qui touche tous les Algériens, presque tout le Maghreb : le couscous ».
La pâtissière souhaite ainsi mettre en lumière le patrimoine culinaire algérien tout en s’inscrivant dans la tendance mondiale du trompe-l’œil, véritable phénomène sur les réseaux sociaux.
Pour elle, une pâtisserie trompe-l’œil réussie repose sur une double exigence : « Je refuse de sacrifier le visuel au profit du goût ou le contraire… Un trompe-l’œil réussi, c’est être fidèle à l’objet, imité dans les moindres détails. Qu’il soit troublant et bouleversant, qui fait bugger, mais aussi que le goût soit à la hauteur des attentes ».
Une illusion de couscous plus vraie que nature
Son « couscous trompe-l’œil » illustre parfaitement sa démarche : Asma Bessedik présente un plat traditionnel salé, avec tous les codes du couscous algérien tels que la semoule de blé, la viande d’agneau, des légumes, des pois chiches, du piment et même des œufs durs.
Chacun de ces ingrédients, salé en apparence, est une création pâtissière. Un coup de fourchette dévoile « une bonne génoise molle à la vanille, imbibée d’un sirop pas trop sucré, équilibré avec un coulis de framboise » et agrémenté d’un crunchy pistache pour la texture.
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Pour façonner les grains de couscous, l’artiste reproduit un geste ancestral : « Les femmes algériennes faisaient quelque chose qu’on appelle Touiza, ou Ftil, qui consiste à réaliser une quantité de couscous comme provisions de l’année ».
Son ingrédient clé ici n’est pas la semoule mais la poudre d’amande, une poudre qu’elle va rouler comme les grains de couscous.
« J’ai donc repris le même geste avec de la poudre d’amande, un ingrédient noble, pour recréer mon couscous trompe-l’œil », explique-t-elle.
Le trompe-l’œil « existe depuis des siècles en Algérie »
Spécialiste de cette nouvelle branche de la pâtisserie moderne, Asma note tout de même que le trompe-l’œil est bien ancien qu’on ne l’imagine.
Elle affirme : « Le trompe-l’œil n’est pas une invention moderne… Chez nous, ça existe depuis des siècles : des gâteaux en forme de fruits, des roses en pâte d’amande, des plats salés comme le tajine el-khoukh ».
Elle-même va pousser la technique encore plus loin, en réalisant des fruits trompe-l’œil « pelables, lavables, et même imperméables ». Et de conclure fièrement : « En Algérie, l’art comestible sucré est sacré ! ».
Son talent est largement applaudi sur le réseau social, avec près de 27.000 mentions Likes en seulement quelques heures. Ses créations sont aussi saluées dans les commentaires.
La cheffe Shérazade Laoudedj, figure reconnue de la gastronomie algérienne, écrit : « Tu es exceptionnelle Asma, fierté ».
