'

Le déploiement généralisé du nouveau système d’entrée‑sortie aux frontières Schengen (EES) à partir d’avril prochain est confronté à un autre obstacle. Les compagnies aériennes et les aéroports de l’Europe demandent qu’il soit repoussé pour l’après-saison estivale.

Redoutant un été 2026 marqué par des files d’attente pouvant dépasser quatre heures aux contrôles passeports, trois organisations européennes du transport aérien dénoncent les risques de « perturbations graves » cet été pour les passagers.

NOS VIDÉOS

Les temps d’attente pourraient exploser

Le système EES a été mis en service partiellement en octobre dernier. Selon le calendrier de déploiement mis en place par l’Union européenne, il devrait être pleinement déployé d’ici avril 2026 dans l’ensemble des aéroports de l’Espace Schengen.

Ce nouveau système est conçu pour enregistrer numériquement les entrées et sorties des voyageurs de pays tiers, à travers la prise d’empreintes et de données biométriques, mettant ainsi fin aux tampons apposés dans les passeports.

Toutefois, l’application progressive de ce dispositif a déjà connu des couacs dans plusieurs aéroports, avec des retards importants lors du processus d’enregistrement des voyageurs. Des organisations d’aéroports ont fait état d’une hausse de 70 % des temps de traitement aux contrôles.

Durant les périodes de pointe, l’on s’attend à des attentes pouvant atteindre quatre heures dans les aéroports de plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal ou l’Espagne.

Des risques de « perturbations graves » pour les passagers

Dans un courrier adressé à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, cité ce mercredi 11 février par le média français Air Journal, des organisations d’aéroports et de compagnies ont averti que la situation pourrait devenir incontrôlable en juillet et août.

Il s’agit, selon la même source, des organisations ACI Europe (qui représente plus de 600 aéroports), Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA).

Ces organismes indiquent dans le courrier que dans certains aéroports, les temps d’attente atteignent déjà « jusqu’à deux heures » aux contrôles frontières, avant même la pleine généralisation des enregistrements biométriques.

Les acteurs du secteur aérien en Europe dénoncent notamment les risques de « perturbations graves » pour les passagers et les opérations aériennes pendant la période de pic de la saison estivale.

Les aéroports et compagnies aériennes réclament un report au moins jusqu’à fin octobre  

Pour ces organisations, la généralisation de l’obligation d’enregistrement EES dans toutes les entrées cet été pourrait se traduire par des files dépassant quatre heures dans certains aéroports, avec des impacts sur les rotations d’avions, la gestion des correspondances et la régularité des vols.

Pour prévenir ces difficultés, les acteurs du secteur demandent à la Commission européenne de permettre aux États Schengen de continuer, si nécessaire, à suspendre partiellement ou totalement l’application du système EES pendant les périodes de pointe.

Ils souhaitent reporter la généralisation du dispositif au moins à la fin octobre 2026. Sachant que le règlement européen prévoit un déploiement progressif, les mécanismes actuels de suspension doivent être progressivement retirés dès juillet 2026. Et c’est ce qui inquiète les compagnies et les aéroports.

Categorized in:

Divers,