Ils nettoient, gardent, construisent et soignent, indispensables pour l’économie mais invisibles administrativement.
En France, des milliers de sans-papiers occupent des emplois essentiels dans des secteurs en tension, mais vivent dans la précarité.
Dans son dernier numéro, l’émission télévisée « Sept à Huit », diffusée sur TF1, a consacré un reportage à Samia, une Algérienne en situation irrégulière depuis 8 ans.
Une Algérienne sans papiers raconte sa galère en France
Elle était venue en France pour s’occuper de ses parents, installés légalement depuis de longues années : « Ça a été une bonne décision parce que ma venue les a beaucoup aidés », confie-t-elle.
Pourtant, depuis 8 années, Samia, sans titre de séjour, vit dans l’angoisse permanente du contrôle. Sa mère s’inquiète : « À chaque fois qu’elle sort, j’ai peur, car elle n’a pas ses papiers ».
Elle cumule aujourd’hui deux emplois, assistante maternelle et salariée d’une société d’aide à domicile. En somme, deux métiers du soin, indispensables.
Deux fois par semaine, Samia récupère un bébé à la crèche et s’occupe aussi de sa sœur plus âgée, 6 ans, en situation de handicap.
« J’ai appris à m’occuper des enfants, y compris ceux qui ont un handicap », explique-t-elle à la caméra de l’émission.
Une immigrée qui travaille sans exister
Les parents des deux petites, en cherchant des solutions de garde, se sont heurtés à une pénurie de places en crèche et à un manque de professionnels prêts à s’occuper d’enfants en situation de handicap.
Samia, elle, a accepté sans hésiter. Le couple décide de lui faire confiance, lui confier ses enfants. « Ils n’ont pas été déçus », souligne le reportage.
@septahuit_off Restauration, services à la personne, bâtiment… Dans tous ces secteurs en tension, aux emplois souvent pénibles et mal payés, les sans-papiers sont devenus un rouage indispensable de l’économie française. Quatre travailleurs clandestins mais aussi leurs employeurs, des restaurateurs ou des particuliers, ont pris le risque de témoigner à visage découvert. Des vies en suspens, et des patrons qui exploitent jusqu’à l’esclavage certains clandestins. Le reportage est à retrouver en intégralité sur @TF1+. @TF1 @TF1 INFO ♬ son original – SeptAHuit
Samia gagne environ 1.200 € par mois, un salaire modeste, assorti de cotisations sociales dont elle ne bénéficiera pas.
« Je trouve que c’est injuste, on paye des charges sur son salaire : pour le chômage, la sécurité sociale, toutes ces choses, mais elle n’en bénéficiera jamais », s’insurge le père de famille.
Malgré son travail indispensable à la société, Samia reste sans droits. Elle a déposé deux demandes de titre de séjour, mais elles ont été refusées.
« Un rouage indispensable de l’économie française »
Comme beaucoup d’autres étrangers qui n’arrivent pas à régulariser leur situation en France, elle vit dans la peur et fait face aux préjugés, même dans les situations ordinaires.
Elle raconte : « Il n’y a pas longtemps, à la pharmacie, j’ai eu ce genre de situation. La pharmacienne a vu ma carte médicale, c’était une carte AME. Elle sait que je suis sans papiers. J’ai senti son arrogance, ça m’a fait mal au cœur ».
L’histoire de Samia est loin d’être une exception. En légende de la vidéo TikTok, l’émission phare de TF1 rappelle : « Dans tous ces secteurs en tension, aux emplois souvent pénibles et mal payés, les sans-papiers sont devenus un rouage indispensable de l’économie française ».
Des travailleurs essentiels, qui vivent dans l’illégalité, et qui sont parfois exploités « jusqu’à l’esclavage ».
