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TasteAtlas s’est imposé ces dernières années comme une référence populaire du patrimoine culinaire mondial.

Le guide, créé en 2018, revendique une base impressionnante : plus de 16.600 plats traditionnels, 2.600 boissons, 875 recettes et plus de 20.500 lieux authentiques répertoriés à travers le monde.

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À cela s’ajoutent les TasteAtlas Awards, organisés chaque année, et qui classent les 100 meilleures spécialités par catégorie, en plus de listes mettant en avant les plats « incontournables » de chaque pays.

Sur le papier, l’initiative est louable. Pourtant, ces classements sont régulièrement pointés du doigt, tant pour leur méthodologie que pour les conclusions qu’ils suggèrent.

Le cas de la cuisine algérienne illustre parfaitement ces limites. On pourrait même se demander si ces classements sont réellement sérieux.

TasteAtlas : la cuisine algérienne est-elle réduite à la street food ?

Sur son site web, TasteAtlas propose un « Top 34 des plats algériens » pour faire connaître la gastronomie algérienne.

Le chiffre surprend : 34 plats pour un pays à l’histoire millénaire, à la diversité géographique exceptionnelle, et au carrefour des influences amazighes, arabes, andalouses, ottomanes et africaines. Un choix pour le moins restrictif.

En y regardant de plus près, le constat est encore plus frappant. La liste de TasteAtlas met principalement en avant des spécialités de rue, et encore, dans une version très limitée : karantika, mhadjebs, maaqouda, khfaf, msemen et merguez, entre autres.

Des spécialités qui sont, certes, appréciées et populaires, mais de là à les désigner comme meilleurs plats algériens laisse perplexe.

Plus étonnant encore : la merguez, célèbre saucisse algérienne, figure dans le Top 10, ce qui donne l’impression que la cuisine algérienne se résume à des grillades et des encas consommés sur le pouce.

L’ensemble renvoie l’image d’un pays cantonné à la street food, sans plats du terroir, sans cuisine familiale et sans diversité régionale.

Le site mentionne aussi des spécialités typiquement algériennes mais regroupées avec d’autres pays d’Afrique du Nord, ce qui ne reflète pas fidèlement la réalité de la cuisine algérienne.

Des classements « basés sur les notes du public »

Si les listes de TasteAtlas interrogent, c’est également car il manque de la clarté sur la méthode de classement. À première vue, rien n’indique que ces listes reposent sur des votes du public.

Ce n’est qu’en bas de page que l’atlas alimentaire apporte cette précision souvent ignorée des lecteurs : « Les classements culinaires de TasteAtlas sont basés sur les notes du public de TasteAtlas ».

Pour la liste « Top 34 des plats algériens », il est indiqué : « Jusqu’au 7 février 2026, 9.692 notes ont été enregistrées, dont 2.076 ont été reconnues par le système comme légitimes ».

L’atlas ajoute toutefois que ses classements « ne doivent pas être considérés comme une conclusion mondiale définitive sur la cuisine ».

Autrement dit, ces résultats reposent sur un volume de votes limité, filtré par un système interne, et ne prétendent pas représenter une vérité absolue. Si la précision est cruciale, elle est reléguée en toute discrétion.

Ce que l’on aurait aimé voir en Top 10 sur TasteAtlas

Face à des classements aussi discutables, il est difficile de ne pas imaginer ce qu’aurait pu être un Top 10 algérien plus représentatif.

La cuisine algérienne est riche, savoureuse, et profondément enracinée dans son territoire. Oui, le plus grand pays d’Afrique jouit de paysages contrastés, et chaque région apporte ses saveurs.

Il est impossible de passer à côté du couscous national ! L’Algérie en compte des centaines de variétés, dont le couscous à l’agneau, aux sept légumes, au poisson, à l’encre de seiche, à la rose, ou au grain fermenté, pour n’en citer que quelques-unes.

À cela s’ajoute la chakhchoukha, déclinée en une dizaine de versions selon les régions et les occasions.

Les tajines algériens, de leur côté, mériteraient une place de choix : du tajine zitoune (poulet aux olives) au mtewem (aux deux viandes), en passant par la dolma (légumes farcis au bœuf), le tajine el-khokh (trompe-l’œil salé en forme de pêche), le tajine el-mechmech (viandes en tempura), ou le tajine r’kham (œufs enrobés d’agneau ou de bœuf haché, entre autres.

Sans oublier les pâtes typiquement algériennes, comme la rechta, la trida, le tlili, la gritliya, et bien d’autres plats de pâtes.

Cette liste est loin d’être exhaustive, l’Algérie compte une multitude de plats, de salades, de petits encas, de desserts et de pâtisseries. Mais rien que ces spécialités suffisent à montrer combien la cuisine algérienne est colorée, variée et saine.

Il s’agit de spécialités consommées au quotidien dans les foyers, avec des produits du terroir et sans artifices.

La gastronomie algérienne, gourmande et généreuse avant tout, est capable de convenir aussi bien aux végétariens qu’aux intolérants au gluten ou au lactose, aux amateurs de sucré-salé comme aux adeptes du classique.

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