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A la préfecture des Bouches-du-Rhône (Marseille), il est de plus en plus difficile de décrocher un titre de séjour. De nombreux Algériens, installés depuis plusieurs années dans la ville phocéenne et ses environs, risquent de devenir sans-papiers. Marseille est en effet réputée pour accueillir une très forte communauté algérienne.

C’est le cas de Hichem, un Algérien établi à Marseille qui était titulaire d’une carte de séjour de dix ans qu’il tente de renouveler en vain.  Alors qu’il a déposé son dossier de renouvellement depuis plusieurs mois, la préfecture de Marseille ne lui a toujours pas délivré un nouveau titre de séjour, rapporte France 3.

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Il attend son titre de séjour pour signer un contrat de travail

Hichem s’est ainsi retrouvé sans-papiers à cause des blocages administratifs de la préfecture. Cette situation lui a valu une notable dégradation de sa qualité de vie. Il se retrouve actuellement sans travail et peine à payer son loyer.

Cet Algérien ne travaille pas alors que ce ne sont pas les offres d’emploi qui manquent. Mais sans titre de séjour valide, il ne peut pas décrocher un contrat. « A ce rythme, je vais finir à la rue », a-t-il confié à France 3.

Le seul espoir de Hichem est que sa préfecture se décide enfin à accélérer les choses et à lui délivrer son titre de séjour dans les plus brefs délais, bien que rien ne laisse penser que cela arrivera. 

« Lorsqu’on appelle la Préfecture, ils nous disent de patienter. On ne sait pas ce qui se passe de leur côté », a-t-il regretté, confiant qu’il n’a même pas accès à internet désormais pour vérifier ses mails.

Des personnes « artificiellement irrégulières »

Comme Hichem, ce sont des centaines de demandeurs qui attendent le renouvellement de leurs cartes de séjour à la préfecture de Marseille tandis que le service de l’Etat, qui connaît une hausse des demandes de renouvellement en ce mois de février 2026, croule sous les dossiers en attente.

La préfecture a dévoilé, le 5 février dernier, qu’elle peine à boucler l’instruction des dossiers dans les temps, invitant les demandeurs à déposer leurs dossiers 70 jours avant l’expiration de leur titre de séjour.

En plus des retards, les demandeurs font aussi face à des arnaques en ligne, dévoile le média français qui rappelle que la procédure de renouvellement passe par deux plateformes numériques, à savoir l’ANEF et Démarche Numérique.

Selon Nicole Malfait, bénévole à la Cimade, ce sont les personnes qui attendent le renouvellement de leurs titres de séjour qui payent les pots cassés en devenant « artificiellement irrégulières », risquant ainsi d’être « interpellées sur la voie publique et avoir une OQTF ».

La préfecture fermée jusqu’au 13 février

Pour ne rien arranger au problème, la préfecture de Marseille a annoncé une fermeture de son service dédié aux étrangers qui va s’étaler jusqu’au 13 février inclus. Cette fermeture est causée par un sérieux dégât des eaux, rapporte La Provence.

Il s’agit donc d’un retard en plus dans le traitement des dossiers de demande de titres de séjour, alors que le service de l’état croule déjà sous les dossiers en attente. 

Des demandeurs ont été d’ailleurs surpris de trouver le portail de la préfecture fermé, le 9 février dernier, alors qu’ils étaient venus retirer leurs titres ou déposer leurs demandes.

Alors que la préfecture a indiqué que les demandeurs impactés par cette fermeture allaient être contactés pour reporter leurs rendez-vous, des avocats ont exprimé leur indignation vu qu’aucune mesure alternative n’ait été mise en place par le service de l’État.

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