Au Royaume-Uni, le projet de réforme du gouvernement portant notamment sur la délivrance des permis de séjour ne plaît pas à tout le monde, surtout pas aux associations caritatives.
Le projet en question a été annoncé par le gouvernement travailliste. Cette réforme entend notamment inclure la participation à une activité bénévole parmi les conditions pour la régularisation des sans-papiers et l’obtention d’un premier titre de séjour.
La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, avait expliqué qu’aucun étranger ne serait « contraint » à faire du bénévolat, précisant que cette démarche pourrait toutefois être considérée comme un critère d’éligibilité et accélérer le processus de la demande de résidence permanente.
Titre de séjour au Royaume-Uni : vers une obligation effective de bénévolat
Cette démarche entre dans le cadre d’une réforme plus large de la politique de délivrance des titres de séjour dans le pays qui vise à instaurer un système qui serait davantage basé sur le mérite. Cependant, selon plusieurs associations, il s’agit d’une mesure « immorale et irréalisable », rapporte Info Migrants.
Concrètement, le gouvernement britannique veut faire passer le délai de demande de régularisation dans le royaume à 10 ans, voire à 20 ans, de présence dans le pays contre 5 ans actuellement. Si cela se concrétise, « les individus peuvent raccourcir cette durée en apportant leur contribution à notre économie et à notre société », indique le gouvernement britannique.
Mais pour les associations caritatives britanniques, la participation des étrangers sans-papiers au travail bénévole ne peut pas être vu comme étant facultatif à partir du moment où il y a une réduction du délai pour obtenir le statut de résident permanent en échange d’un engagement bénévole. Cela « rendrait celui-ci obligatoire dans les faits ».
Une enquête du Conseil national des organisations bénévoles (NCVO) a d’ailleurs permis de savoir que 75 % des associations de bienfaisance au Royaume-Uni s’opposent à cette démarche du gouvernement, dénonçant notamment le fait d’aller à l’encontre du principe du volontariat en obligeant des personnes à faire du bénévolat.
