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En France, le processus de renouvellement des titres de séjour pour les travailleurs devient un véritable cercle vicieux. À cause des délais interminables de traitement de leurs dossiers par les préfectures, des travailleurs étrangers sont confrontés à des situations de plus en plus compliquées.

La Confédération générale du travail (CGT), le plus puissant syndicat français, a organisé vendredi 14 novembre une manifestation devant le bureau du séjour de la préfecture du Loiret, à Orléans. Le but étant de protester contre les délais de traitement des demandes.

Au total, la manifestation a réuni une trentaine de personnes, entre syndicalistes et personnes de différentes nationalités étrangères concernées par les blocages de renouvellement de titres de séjour, rapporte le journal local La République du Centre.

Renouvellement des titres de séjour : le parcours du combattant

En raison des délais de traitement des demandes, des travailleurs sont confrontés à des situations très compliquées. Rencontré sur place, un ressortissant étranger affirme avoir anticipé la fin de validité de son titre de séjour dès le mois d’avril, en formulant une demande de renouvellement.

Mais la préfecture n’a pas répondu à ce jour, alors que son titre de séjour le 22 octobre dernier. En raison de ce retard, la situation de ce ressortissant qui vit en France depuis 2012 et travaille en passant par des boîtes d’intérim est devenue compliquée.

« Son patron ne l’a pas gardé, alors qu’il a toujours travaillé. Maintenant, la préfecture lui demande une autorisation de travail, qui doit être fournie par son employeur. Mais les boîtes d’intérim ne remplissent pas ces autorisations », résume un membre du collectif immigration de la CGT.

La CGT réclame la mise en place d’une « reconduction par défaut »

Concrètement, sans travail, il n’est plus possible d’obtenir de titre de séjour. Mais sans titre de séjour, il n’est légalement plus possible de se faire embaucher. Un véritable cercle vicieux dont sont victimes de nombreux travailleurs étrangers.

Et même les travailleurs en CDI risquent, au mieux, une suspension de contrat, au pire, un licenciement, en raison des retards de réponse des préfectures. Résultat, « il y a un risque de perte de logement, la fin des activités extrascolaires pour les enfants… », énumère le même intervenant.

La CGT pointe en particulier un manque flagrant de personnel et de moyens dans la préfecture. La confédération propose ainsi une « reconduction par défaut », d’autant que « 95 % des gens ne sont pas des délinquants et ont un travail ». Une mesure qui « permettrait de décharger les agents de la préfecture et de se pencher sur ceux qui posent un problème ».

Pourtant, du côté de la préfecture du Loiret, il est indiqué qu’il n’y a pas d’augmentation du délai de traitement. « Bien au contraire, le délai moyen de traitement en première demande pour la préfecture du Loiret a diminué sur les deux dernières années », indique l’administration dans sa réponse au même journal.

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