Décrocher un titre de séjour en France est devenu un véritable chemin de croix pour de nombreux demandeurs. Entre embûches administratives, perte de droits sociaux et peur d’une OQTF, les étrangers ne savent plus à quel saint se vouer.
Les demandeurs souffrent de dysfonctionnements administratifs, que ce soit au niveau des préfectures, qui enregistrent des retards dans le traitement des dossiers, ou du côté de la procédure dématérialisée de l’Anef, qui bloque souvent la procédure avec des bugs informatiques.
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Mais comme si cela ne suffisait pas, la politique migratoire de la France s’est durcie ces dernières années, notamment sous Bruno Retailleau, compliquant davantage la tâche aux étrangers qui veulent décrocher une régularisation de leurs situations.
Titre de séjour : entre retards administratifs et bugs informatiques
Dans son rapport publié en novembre 2025, l’ONG Amnesty International a vivement critiqué le système français de carte de séjour, soulignant que ses failles exposent les demandeurs « à l’exploitation au travail, à la privation de logement et à la pauvreté », rapporte le site Made In Perpignan.
Le média local se penche, dans un article publié ce 4 décembre, sur les dysfonctionnements dont souffre le service de l’État dans les Pyrénées-Orientales, mais aussi les problèmes auxquels font face les demandeurs de titres de séjour au niveau national.
Le rapport pointe notamment du doigt les « bugs informatiques » et les « retards administratifs », condamnant la procédure dématérialisée qui était censée désengorger les services, mais qui a finalement pénalisé plusieurs demandeurs.
Titre de séjour : des demandeurs suspendus au bon vouloir du préfet
Alors que la politique actuelle de l’État renforce le pouvoir discrétionnaire du préfet concernant certaines demandes de régularisation, de nombreux demandeurs se retrouvent impuissants. Selon Timéa Tampon-Lajarriette, bénévole chez Germa, « Cela installe une précarité administrative et sociale ».
La préfecture de Perpignan estime pourtant que ce pouvoir dont jouit le préfet pour délivrer ou pas certains titres de séjour ne permet pas de faire du cas par cas, mais à éclairer « des situations sans solutions de droits évidentes ».
Selon Jean-Marie Bonafous, de l’association Cimade, pour décrocher un titre de séjour, « il faut rentrer dans un cadre légal très précis, mais comme il y a tout un tas de motifs, ça va toujours se jouer sur des failles ».
Des demandeurs dans la tourmente
Mais sans solutions évidentes, et face aux refus, certains demandeurs se retrouvent « dans la souffrance, la peur, l’angoisse », estime la bénévole, assurant qu’il y a « des gens qui souffrent, qui font des tentatives de suicide et qui développent des troubles psychiques ».
L’intervenante n’a pas manqué de s’en prendre à la circulaire Retailleau qui a fait selon elle « énormément de mal ». Cette instruction publiée en janvier 2025 durcit les conditions pour décrocher une admission exceptionnelle au séjour. Les demandeurs doivent notamment prouver « leur niveau d’intégration ».
Ainsi, et vu tous ces dysfonctionnements qui accablent les demandeurs, le bénévole à la Cimade, Jean-Marie Bonafous, estime que « la préfecture est plus une machine à fabriquer des clandestins qu’à régulariser ».
