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En France, le renouvellement et les premières demandes de titres de séjour dans certaines préfectures relèvent toujours du parcours du combattant, en raison notamment des longs délais de traitement des dossiers des demandeurs.

A la préfecture Meurthe-et-Moselle, tout comme un peu partout en France, les étrangers, même en situation régulière, risquent à tout moment de basculer dans l’irrégularité de séjour, faute d’un titre de séjour établi et délivré dans les délais.

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Les délais de traitement longs sont reconnus par la préfecture elle-même, rapporte ce samedi 10 janvier le journal local L’Est Républicain. Pourtant, aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à présent pour remédier à la situation.

145 jours pour le traitement d’un dossier de renouvellement de titre de séjour

Selon les données de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) concernant la préfecture Meurthe-et-Moselle, il faut compter 145 jours pour un renouvellement de titre de séjour.

Concernant les premières demandes d’admission au séjour, les demandeurs attendent en moyenne une durée de 175 jours et pas moins de 190 jours pour une déclaration de nationalité, ce qui est énorme comme délais de traitement.

Pour Malika Allouchi, adjointe au maire à Toul, citée par le même média, ces délais sont loin d’être suffisants, car ils ne sont pas adaptés, notamment pour les récépissés de renouvellement, soulignant que « la publication de ces délais est un aveu ».

« Il faut accorder des récépissés pour six mois ou un an »

« Avec ces chiffres, la préfecture sait qu’elle ne peut pas traiter. Au lieu de délivrer des récépissés de deux ou trois mois, il faudrait les accorder pour six mois ou un an, le temps que les dossiers soient instruits », suggère l’élue locale.

Les longs délais de traitement des demandes de renouvellement des titres de séjour causent des conséquences très lourdes pour les demandeurs, qui se retrouvent « dans une grande précarité humaine et sociale », regrette l’intervenante.

À titre d’exemple, elle cite une personne d’origine marocaine qui n’a pas pu poursuivre sa formation au Greta faute de renouvellement de titre de séjour à temps. Un autre ressortissant étranger a perdu son contrat de travail après trois mois d’attente.

De leur côté, les entreprises locales sont aussi impactées par la situation, d’autant qu’elles sont parfois contraintes de licencier du personnel faute de renouvellement de leurs titres de séjour à temps, déplore encore l’adjointe au maire.

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