La compagnie aérienne tunisienne Tunisair a récupéré l’un de ses Airbus A330‑200, après la levée de sa saisie en France, dans le cadre d’un litige portant sur des factures de maintenance de moteurs impayées.
En mai 2025, l’Airbus A330‑200 de Tunisair, immatriculé TS‑IFM, est saisi par la justice française pour des factures de maintenance non payées.
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Depuis, l’appareil était stationné à l’aéroport de Châteauroux, avec ses réacteurs scellés, comme l’ont documenté plusieurs observateurs et spotters au fil des mois, rapporte ce samedi 31 janvier le média spécialisé Air Journal.
La justice française lève la saisie sur l’avion, mais pas sur ses réacteurs
Après plus de neuf mois, la Cour d’appel de Bourges a ordonné la levée de la saisie qui frappait cet avion, ce qui signifie que l’appareil redevient pleinement la propriété exploitable de Tunisair sur le plan juridique.
La justice française considère, en effet, que le gros-porteur, entré en service en juin 2015, ne pouvait plus être retenu au titre des mesures conservatoires engagées en France, mettant ainsi fin à une situation pour le moins inédite pour le transporteur public tunisien.
Toutefois, même si l’avion est devenu juridiquement propriété exploitable de Tunisair, la compagnie ne peut pas le réintégrer dans sa flotte, car ses deux moteurs Rolls‑Royce Trent demeurent sous saisie conservatoire.
Ces deux réacteurs qui équipent l’A330-200 sont détenus par le fonds américain Lone Star Group au titre d’une créance estimée à près de 18,7 millions de dollars, suite à l’accumulation de prestations de maintenance non-réglées remontant à plusieurs années.
L’appareil doit encore rester cloué au sol
Dans sa décision, la Cour d’appel de Bourges distingue clairement la cellule de l’avion, qui est désormais libre de toute mesure de saisie, et les moteurs, qui restent affectés par les droits du créancier.
Ne disposant d’aucune capacité opérationnelle lui permettant de reprendre service, l’avion doit donc encore rester cloué au sol tant qu’aucun accord avec Lone Star Group n’est pas trouvé une solution de remplacement mise en œuvre
La saisie de cet avion, considéré comme la colonne vertébrale des capacités long‑courriers de Tunisair, a contraint la compagnie à recourir à des solutions d’affrètement en ACMI (avion avec équipage) ou à redéployer d’autres appareils sur certaines routes.
Ces deux solutions ont un impact significatif sur les coûts d’exploitation et les marges bénéficiaires, au moment où la compagnie nationale tunisienne traverse une situation financière déjà tendue et assez complexe.
