Alors que le gouvernement italien vient d’ouvrir un quota de 164.860 permis de travail pour le recrutement d’étrangers en 2026, un récent rapport révèle que le quota accordé l’année dernière avait été largement sous-exécuté. Voici les raisons.
En 2025, l’Italie avait ouvert un quota de 181.450 visas de travail, devant être accordée à des travailleurs hors Union européenne dans le cadre du fameux decreto flussi.
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Or, selon un rapport établi par la coalition de la société civile Ero Straniero, publié le 24 février dernier, le nombre de travailleurs étrangers recrutés effectivement est très loin du nombre total de postes accordés.
Seuls 11.276 travailleurs avaient obtenu un titre de séjour à la fin de 2025
Sur les 181.450 travailleurs théoriquement admis, seuls 11.276 avaient obtenu un titre de séjour à la fin de l’année, soit un taux d’exécution de seulement 7,9 %, indique le rapport, cité par le média spécialisé Visa HQ. De plus, 14.349 demandes étaient encore en attente.
Comme principale raison derrière ce taux d’exécution très faible, le rapport pointe la bureaucratie à plusieurs niveaux. Pour obtenir le permis de travail et de séjour promis, le travailleur étranger doit passer par toute une série de procédures administratives.
Il devait en effet passer par le parrainage de l’employeur, l’approbation de la préfecture, la délivrance du visa par un consulat d’Italie de son pays de résidence, puis la signature du contrat après l’arrivée.
Lorsqu’un blocage quelconque survient à chacune de ces étapes, le processus est automatiquement annulé, laissant ainsi le demandeur dans l’impasse et l’incertitude, d’où le taux d’exécution très faible du quota de permis de travail de 2025.
De plus, les frais d’intermédiation élevés, pouvant atteindre 20.000 euros, aggravent le risque d’exploitation lorsque les offres d’emploi disparaissent, selon toujours la même source.
Comment l’Italie va-t-elle gérer le quota de permis de travail accordé pour 2026 ?
Les entreprises et autres employeurs italiens, qui souhaitaient recruter dans le cadre de ce quota ont également été impactés par cette sous-performance.
Des coopératives agricoles en Pouilles et en Vénétie ont signalé des postes saisonniers non pourvus, des entreprises de construction en Lombardie ont reporté des chantiers, et les familles cherchant des aides à domicile font face à des listes d’attente croissantes.
Le rapport tombe au moment où le gouvernement italien a annoncé le quota 2026. Pour l’année en cours, un total de 164.850 permis de travail a été débloqué, dans le cadre d’un plan plus large jusqu’en 2028, prévoyant un total de 497.550 permis de travail.
La question qui se pose d’elle-même est de savoir si les autorités italiennes vont aller jusqu’au bout de ce quota, en évitant les lacunes de l’année passée. Les demandeurs qui répondent aux exigences seront-ils confrontés aux difficultés bureaucratiques de 2025 ?
