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À une semaine d’un séjour prévu à Alger, la directrice de l’agence de voyage Chouchou Tours exprime publiquement sa colère sur les réseaux sociaux.

Habituée à partager les séjours de ses clients étrangers venus découvrir la capitale et différentes régions du pays, elle dénonce cette fois un blocage administratif.

Quatre touristes françaises n’ont toujours pas obtenu leur visa pour l’Algérie, deux mois après avoir déposé leurs demandes. La guide touristique pousse un coup de gueule.

Un dossier en attente depuis 2 mois : le Consulat d’Algérie à Lille interpellé

Dans un message publié sur sa page Facebook, la voyagiste interpelle directement les autorités consulaires : « Bonjour, Consulat de Lille, vous êtes là ? », écrit-elle, avant d’exposer en détail la situation.

Selon elle, tout le dossier touristique avait été préparé dans les règles : « Quatre dames âgées, inoffensives, touristes de nationalité française, curieuses de découvrir l’Algérie culturellement », ajoutant que le séjour a été entièrement organisé par son agence.

L’itinéraire prévu s’inscrit dans une formule de tourisme traditionnel, avec « maison d’hôte, repas chez l’habitant et accompagnement guide privatif ».

Pour appuyer la demande de visa des voyageuses, l’agence affirme avoir fourni l’ensemble des documents requis, « un certificat d’hébergement signé à la mairie, une invitation avec le cachet de l’agence, les billets et l’assurance achetés », ainsi que le registre de commerce de l’entreprise.

Selon Chouchou Tours, le dossier aurait été déposé le 16 janvier au Consulat d’Algérie à Lille. Deux mois plus tard, aucune réponse n’a été donnée.

« À ce jour, pas de visa, sous prétexte que le ministère des Affaires étrangères n’a pas donné de réponse depuis deux mois », déplore la guide touristique.

La politique de visas fait débat

La voyagiste rappelle que le séjour est prévu pour le 21 mars : « Il ne nous reste qu’une semaine. Aidez ces dames à avoir leur visa, que je puisse travailler et promouvoir l’Algérie ».

La responsable souligne aussi des difficultés que rencontrent les petites agences de voyage, notamment en saison creuse : « Déjà qu’il n’y a pas de touristes entre l’hiver, la basse saison et le Ramadan… ».

Le cas évoqué par l’agence s’inscrit dans un contexte plus large. L’Algérie est connue pour appliquer une politique de visa particulièrement stricte.

Seuls les ressortissants de sept pays peuvent entrer sur le territoire sans visa, le pays appliquant généralement un principe de réciprocité : si un État exige un visa aux citoyens algériens, l’Algérie impose la même règle.

La publication de Chouchou Tours a suscité de nombreuses réactions en ligne. Parmi les centaines de commentaires, des professionnels du secteur partagent cette frustration : « Malheureusement, c’est la réalité que nous vivons, nous, les agences de voyage en Algérie ».

D’autres intervenants y voient plutôt une conséquence du climat politique entre Alger et Paris.

Plusieurs commentateurs évoquent « la réciprocité », les restrictions imposées par la France aux ressortissants algériens se répercuteraient sur la délivrance de visas.

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