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L’ONG Amnesty International lance une pétition pour exiger des titres de séjour stables pour les travailleurs étrangers en France, dénonçant un système de régularisation défaillant et discriminant, qui les maintient dans la précarité et l’exploitation.

L’organisation non gouvernementale appelle les autorités françaises, à travers cette pétition, à créer un titre de séjour de travail unique et de longue durée.

Tout le monde le sait : les retards et les dysfonctionnements dans le processus de renouvellement des titres de séjour en France plongent de nombreux travailleurs étrangers dans la précarité.

Amnesty dénonce le système des titres de séjours courts, « défaillant et discriminant »

Ces étrangers travaillent pourtant dans des secteurs essentiels, cuisines, hôpitaux, chantiers, aide à la personne et vivent ici depuis 20 ou 30 ans en situation régulière. Or, « leur vie entière dépend d’un papier fragile : leur titre de séjour », dénonce l’organisation.

Et parce que le renouvellement de ce document dépend des employeurs, il rend ces travailleurs vulnérables aux abus, entre harcèlement, salaires impayés, injures racistes, menaces, violences physiques, chantage et exploitation, déplore Amnesty.

À cause du système des titres de séjours courts, « défaillant et discriminant » et de « de dysfonctionnements à tous les niveaux », des travailleurs étrangers se retrouvent du jour au lendemain dans l’irrégularité de séjour. Ils peuvent donc tout perdre : « leur emploi, leur logement, leurs moyens de subsistance », ajoute l’ONG.

Cette situation n’est pas un accident, selon la même source, par ses « lois et ses pratiques discriminatoires », l’État français fabrique la précarité et l’irrégularité de ces travailleurs étrangers, « plus particulièrement des femmes, qui accèdent encore moins à la stabilité ».

Une pétition pour « créer un titre de séjour unique et de 4 ans minimum » 

Amnesty propose ainsi de mettre en place une loi plus protectrice, qui stabilise le droit au séjour des travailleurs étrangers, qui leur facilite la vie, simplifie le travail des préfectures et des employeurs.

Et cela « commence par créer un titre de travail unique et de 4 ans minimum », ajoute l’organisation, appelant les citoyens à agir, en signant la pétition disponible jusqu’au 28 février 2026. Sur les 100.000 signatures requises, elle totalise déjà 22.398.

Dans un rapport intitulé « À la merci d’un papier », l’ONG a recueilli de nombreux témoignages faisant état d’abus touchant des travailleurs étrangers qui vivent et travaillent en France depuis des années, issus de 16 pays.

Ces travailleurs ont tous déposé des demandes de renouvellement de leurs titres de séjour, mais ce fameux sésame n’est pas arrivé à temps. « Privées de papiers, ils ont tout perdu : emplois, revenus, parfois logements », dénonce encore Amnesty International.

Le quotidien de ces travailleurs étrangers était déjà fait d’abus, entre salaires impayés, menaces et injures racistes, pointe l’ONG, déplorant que « parce que leur renouvellement dépend aussi de leur employeur, cette dépendance les rend vulnérables à l’exploitation ».

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