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En France, les étrangers non-européens vivent ces dernières années avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes. À chaque première demande ou renouvellement de titre de séjour, ils risquent de recevoir une obligation de quitter le territoire français, la fameuse OQTF.

Nader Ayache est un Tunisien qui est actuellement sous OQTF. Après maintes tentatives de régulariser sa situation, il a décidé d’entamer une grève de la faim. Installant sa tente à Paris, il donne à sa démarche une perspective politique.

Nader, arrivé en France en 2015, poursuit sa thèse de doctorat qu’il compte soutenir début 2026, rapporte France 3, ce mercredi 19 novembre. Il est également réalisateur de plusieurs films, dont Renaissance, sélectionné aux Césars 2025.

Il écope d’une OQTF alors qu’il prépare son doctorat

C’est en 2019 que les problèmes administratifs commencent pour ce ressortissant tunisien. Il reçoit une OQTF assortie d’une IRTF, alors qu’il essayait de régulariser sa situation.

Le sans-papiers a d’abord déposé un recours devant la préfecture de Paris, puis a porté l’affaire devant le tribunal administratif, puis devant la Cour administrative de Versailles.

Son dernier recours, tout comme les précédents, a été refusé le 6 novembre dernier. Depuis onze jours, il a fini par entamer une grève de la faim, installant sa tente devant le Centre National du Cinéma (CNC).

 « La préfecture est devenue une sorte de fabrique de sans-papiers… Je fais une grève de la faim parce que je ne vois pas d’alternative, voilà dix ans que je suis en France, huit ans sans titre de séjour, huit ans sans avoir vu mes parents », confie le sans-papiers tunisien à France 3.

« Quitter la France serait comme un deuxième exil »

Pour lui, l’action qu’il mène vise à mettre en lumière une « injustice » qu’il vit personnellement, mais aussi celle de milliers d’OQTF. La France a émis plus de 400.000 OQTF en 2023, rappelle le média français, citant OQTF.info.

Nader compte désormais tenter d’annuler la décision de la Cour de Versailles devant le Conseil d’État et déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour. S’il échoue, il va écoper d’une nouvelle OQTF qui va l’empêcher de faire toute démarche administrative pendant 3 ans.

« M’obliger à quitter le territoire français, ce serait me condamner un deuxième exil », confie le sans-papiers qui redoute d’être séparé « de sa famille, de son épouse, de son cercle social et de son cercle de travail ».

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