À première vue, il s’agit d’une simple formalité pour se maintenir en situation régulière en tant qu’étranger. Mais dans de nombreuses préfectures de France, renouveler son titre de séjour relève du parcours du combattant.
À la préfecture de la Sarthe, à Mans, Moncef, un ressortissant tunisien, et son épouse française Margot, se battent pour procéder au renouvellement du titre de séjour de l’époux.
Entre la difficulté de décrocher un rendez-vous sur la plateforme numérique et l’impossibilité de déposer le dossier directement à la préfecture, Moncef se retrouve perdu et risque de se retrouver sans-papiers.
Le ressortissant tunisien n’arrive pas à décrocher un rendez-vous sur la plateforme dédiée à cet effet à cause d’un problème de mot de passe. Toutes les tentatives de se plaindre auprès de sa préfecture ont échoué. Son épouse française a même utilisé un faux motif pour pouvoir entrer, mais elle a vite été reconduite dehors par l’agent de sécurité.
Titre de séjour : « Que devient le principe d’égalité ? »
Deux semaines seulement restaient à Moncef avant que son titre de séjour expire, ce qui allait le priver de ses droits sociaux en France. Il fallait vite trouver une solution pour se maintenir en situation régulière.
À la mi-novembre, le ressortissant tunisien décroche un rendez-vous à la sous-préfecture de La Flèche. Hélas le déplacement n’aura servi à rien, car « aucune solution n’a été trouvée », confie Margot, l’épouse de Moncef à Ouest France.
« Que devient le principe d’égalité ? Nous faudra-t-il prendre un avocat pour pouvoir déposer un dossier à la préfecture ? », se demande l’épouse française de ce ressortissant tunisien qui risque de perdre son droit au séjour, mais aussi plusieurs droits sociaux, comme celui au logement, au travail et aux aides de l’État.
Contactée par le média français, la préfecture de la Sarthe assure que la plateforme numérique ne souffre d’aucun dysfonctionnement, soulignant que certains demandeurs peuvent se tromper de motif, ce qui complique l’accès à la procédure du dépôt.
« Des erreurs sont fréquentes et conduisent à devoir annuler des rendez-vous réservés à tort », explique le service de l’État qui dévoile avoir accordé 158 rendez-vous pour le seul mois d’octobre 2025.
