Encore un Algérien sans-papiers interdit de se marier en France par le maire de sa commune, ce qui est contraire à la loi, comme l’a justement rappelé le procureur de la République. L’affaire fait grand bruit depuis le début de la semaine et confirme une tendance politique qui semble spécialement viser les Algériens.
Cela se passe dans la commune de Chessy, en Ile-De-France, ou le maire Olivier Bourjot a signalé au procureur de la république, en mai dernier, une demande d’officialisation d’une union entre un Algérien sans titre de séjour et sous OQTF et une ressortissante Finlandaise.
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Pour ne pas marier un Algérien, il refuse de se soumettre à la décision de la justice
Le parquet a pris une décision de non-opposition, après avoir constaté que l’OQTF est « devenue invalide et donc non susceptible d’être exécutée » et que le couple avait livré « plusieurs preuves sur la nature personnelle et amoureuse de la relation ».
Le couple a de son côté porté l’affaire devant le tribunal judiciaire qui a enjoint au maire de Chessy, dans une décision en date du 10 décembre dernier, de célébrer cette union.
L’élu a cependant campé sur ses positions. Considérant ce mariage comme « insincère », il a préféré démissionner plutôt que d’appliquer la décision de la justice.
Dans un communiqué publié le 15 décembre dernier, le maire explique que « le problème réside dans le fait, qu’en sa qualité d’officier d’état civil, d’avoir à acter officiellement, la présence sur le territoire français d’un individu faisant l’obligation de le quitter ».
Refus de mariage des sans-papiers : les Algériens particulièrement ciblés ?
Cette prise de position du maire de Chessy ne va pas sans rappeler celle d’un autre maire, celui de Bézier, en l’occurrence Robert Ménard, qui s’est entêté, en juillet 2023, à ne pas marier un autre Algérien sous OQTF à une ressortissante française… toujours malgré une décision de la justice favorable à cette union.
L’affaire Ménard a été largement relayée par la presse en France, mais malgré une large mobilisation, le sans-papiers Algérien a été placé en rétention administrative et renvoyé en un temps record en Algérie.
Ces deux affaires, et bien d’autres, ont deux caractéristiques en commun : le fait que les maires soient de droite mais aussi le fait que les sans-papiers soient Algériens.
Un schéma qui confirme une diabolisation systématique de l’Algérien, notamment via la médiatisation de ces affaires en plaçant les maires dans le rôle de victime de l’appareil judiciaire.
Le procureur de la république n’a pas manqué d’ailleurs de préciser au maire démissionnaire que sa démission ne saurait le mettre à l’abri des conséquences judiciaires de la non-application de la décision de la justice lui enjoignant de marier le sans-papiers algérien et sa campagne finlandaise.
Tout comme Robert Ménard et d’autres maires avant lui avant lui, Olivier Bourjot risque cinq ans de prison, 75.000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité.
