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Un réseau international, spécialisé notamment dans la falsification de passeports étrangers, a été démantelé par la police en Algérie. Les mis en cause ont comparu ce lundi 22 décembre devant le tribunal d’Annaba.

La juge a cependant décidé de reporter l’examen du dossier jusqu’à la semaine prochaine, en raison de l’état de santé du principal accusé qui a entamé une grève de la faim depuis plusieurs jours pour protester contre sa première condamnation. Il a été condamné à 10 ans de prison ferme en première instance.

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Les mis en cause font face à de lourdes accusations : falsification et usage de cachets officiels, trafic de migrants, ou encore falsification de documents administratifs officiels. Ils risquent de lourdes peines de prison.

Le procureur de la république estime qu’il s’agit d’un dossier « sensible », vu qu’il concerne l’activité de tout un réseau international de trafic de migrants vers la Tunisie, le Maroc et l’Europe, en usant de faux passeports étrangers, notamment européens, rapporte le quotidien arabophone El Khabar.

Il avait des cachets des trois PAF maghrébines dans sa voiture  

Cette affaire remonte au début du mois de septembre 2020, en pleine épidémie de Covid-19 et de fermeture de frontière, quand l’accusé principal a été arrêté au centre-ville d’Annaba alors qu’il était à bord de sa voiture.

Les éléments de la police ont pu mettre la main sur un coffre noir contenant plusieurs cachets de PAF algérienne, marocaine, et tunisienne. Les trois premiers sont, respectivement, des cachets « entrée » du passage frontalier d’Oum Tboul, de l’aéroport d’Alger et de l’aéroport d’Oran.

Deux autres cachets, portant respectivement la mention « entrée » et « sortie », appartenaient à la PAF tunisienne tandis que le dernier cachet, portant la mention « sortie », appartenait à la PAF marocaine.

Toujours dans ce coffre noir trouvé dans le véhicule du mis en cause, la police a retrouvé trois passeports français, une carte d’identité française, ainsi que trois permis de conduire français, dont l’un était sans photo. Le mis en cause était également en possession de matériel utilisé dans la falsification des permis de conduire français.

Il a fait sortir son fils du pays alors que les frontières étaient fermées

Alors que le principal accusé niait en bloc les accusations portées à son encontre et le fait que le matériel trouvé dans la voiture lui appartenait, l’enquête a permis de dévoiler que sa messagerie débordait de discussions prouvant qu’il était en contact avec plusieurs personnes et qu’il supervisait plusieurs opérations de trafic de migrants ver l’Europe.

L’une des personnes que ce trafiquant de passeports est accusé d’avoir fait passer vers l’autre rive de Méditerranée est son propre fils. Ce dernier a pu passer de l’Algérie en Espagne en pleine pandémie de coronavirus. Au moment où les frontières étaient fermées, il a pu passer en Tunisie et puis vers la péninsule ibérique.

L’accusé principal avait doté son fils d’un passeport français et l’avait fait passer illégalement vers la Tunisie. De l’aéroport de Tunis, le fils du mis en cause, a pu ensuite s’envoler vers Madrid sans visa, grâce à son faux passeport

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