Dans un contexte de relations diplomatiques tendues avec les Émirats arabes unis, l’Algérie a annoncé ce samedi 7 février la décision de dénoncer la convention bilatérale relative aux services aériens conclue avec ce pays du Golfe. Voici ce qui va changer après l’annulation définitive de l’accord.
L’Algérie a en effet engagé les procédures nécessaires pour la dénonciation de la convention relative aux services aériens avec les Émirats arabes unis, signée à Abou Dabi le 13 mai 2013 et ratifiée par le décret présidentiel du 30 décembre 2014.
NOS VIDEOS
Que signifie la dénonciation de la convention des services aériens ?
En vertu de l’article 22 de la convention en question, la dénonciation doit être notifiée par les voies diplomatiques à la partie contractante émiratie, avec notification simultanée au secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour l’accomplissement des formalités requises auprès de cette organisation.
Concrètement, sans accord en vigueur entre les deux pays, les droits accordés aux compagnies aériennes, dont Air Algérie et Emirates, pour opérer des vols entre les deux pays ne s’appliqueront plus sous ce cadre juridique. Un nouveau cadre doit être défini pour permettre la poursuite des dessertes.
Mais la fin éventuelle des vols n’est pas pour aujourd’hui. En effet, en cas de dénonciation de l’accord par l’une des parties, « la convention prend fin douze mois après la date de réception de la notification par l’autre partie contractante, à moins que cet avis de dénonciation ne soit retiré par consentement mutuel avant l’expiration de ce délai », dispose encore l’article 22 de l’accord. Cela signifie que les vols cesseront dans un an si aucun nouvel accord bilatéral n’est signé d’ici là.
Les perdants et les gagnants de la dénonciation de la convention des services aériens ?
En Algérie, les termes de cet accord bénéficient directement aux deux principales compagnies aériennes émiraties, à savoir Emirates et Etihad Airways et de manière indirecte à l’aéroport de Dubaï, en tant que hub aérien reliant l’Afrique à l’Asie et au reste du monde.
Grâce à cet accord, de nombreux voyageurs algériens et africains, au départ d’Alger, transitent via l’aéroport de Dubaï pour rejoindre leurs destinations, en particulier en Asie. Ces voyageurs empruntent des vols d’Air Algérie et ceux d’Émirats.
Rappelons que la compagnie Etihad Airways a tenté à maintes reprises, depuis fin 2024, d’ouvrir des lignes directes entre Abou Dabi et Alger. Mais les autorités algériennes ont refusé de lui accorder les autorisations nécessaires, ce qui l’a poussée à jeter l’éponge définitivement en décembre dernier.
La décision de l’Algérie de dénoncer la convention relative aux services aériens avec les Émirats arabes unis devrait limiter les capacités d’exploitation d’Emirates en Algérie, qui opère actuellement un vol hebdomadaire entre Alger la plateforme de correspondance de Dubaï.
L’aéroport de Doha va-t-il remplacer Dubaï comme plateforme de correspondance ?
De même, elle intervient dans un contexte de développement du réseau international d’Air Algérie, notamment en Asie, mais aussi à quelques mois seulement de la conclusion d’un accord de partage de code entre le pavillon national et la compagnie Qatar Airways.
Si pour le moment les raisons ayant motivé la décision de l’Algérie de dénoncer l’accord ne sont pas annoncées officiellement, et au-delà des considérations diplomatiques, les bénéficiaires sont déjà connus, à savoir Air Algérie, Qatar Airways, l’aéroport d’Alger et celui de Doha.
Pour la compagnie aérienne nationale, en supprimant l’alternative de l’escale via Dubaï, elle sera directement favorisée sur les liaisons long-courriers vers l’Asie, notamment après le renforcement de ses dessertes directes vers la Chine (Pékin et Guangzhou) et vers la Malaisie (Kuala Lumpur).
Après la signature de l’accord de partage de code entre Air Algérie et Qatar Airways, l’aéroport de Doha se place également comme plateforme de correspondance pour de nombreux voyageurs au départ d’Algérie vers plusieurs villes de l’Asie, comme Kuala Lumpur, Hong-Kong, Mascate… Un privilège qui sera à terme perdu par l’aéroport de Dubaï.
