Le chef franco-algérien Mohamed Cheikh, vainqueur de Top Chef France 2021, est de retour à Oran, sa ville d’origine.
Après un premier voyage remarqué en Algérie plus tôt cette année, il partage cette fois trois découvertes culinaires emblématiques de la gastronomie locale, au travers de vidéos virales sur les réseaux sociaux.
Mohamed Cheikh dans un marché à Oran : « Un vrai plaisir à déguster ! »
Dans une première séquence filmée, visionnée plus de 240.000 fois, Mohamed Cheikh retrouve un fruit incontournable de l’été algérien : la figue de Barbarie.
« Tu savais que la figue de Barbarie n’a pas toujours le même goût selon sa couleur ? », interroge-t-il depuis le marché de la Bastille à Oran, une longue rue piétonne du centre-ville.
Et de préciser pour ses fans : « La figue de Barbarie est la star de l’été en Algérie. La verte est plus sucrée, la jaune a un goût plus concentré. C’est un vrai plaisir à déguster ! ».
Le chef, en darija qu’il maîtrise parfaitement en s’adressant aux marchands, poursuit son périple gustatif avec un autre produit : le matlouh.
Tout aussi emblématique et plus traditionnel, ce pain rond ancestral à la semoule et farine de blé est pétri à la main et cuit dans un tajine spécifique en terre.
« Ce pain algérien pétri à la main et cuit dans le four en terre, incarne tout l’héritage culinaire de nos anciens. Un savoir-faire qui traverse les générations », décrit le chef Cheikh en légende d’une autre vidéo.
La rencontre avec l’artisan boulanger spécialiste du matlouh l’émeut particulièrement : « Un vrai plaisir pour moi de rencontrer, de partager avec toutes ces personnes courageuses et fières de leurs savoir-faire ».
La karantika, madeleine de Proust oranaise
Dans les rues populaires d’Oran, Mohamed Cheikh ne peut passer à côté de l’institution locale : la karantika, calentica ou garantita, spécialité de rue qui fait partie de l’ADN de la ville.
@mohamedcheikh_ KARANTIKA, Un morceau suffit pour comprendre pourquoi elle est une vraie madeleine de Proust pour les Algériens. La Karantika est née à Oran, pendant la colonisation espagnole. Son nom vient de l’espagnol “Caliente” (qui veut dire “chaud”), car elle se vendait brûlante dans les rues. À l’époque, les Espagnols installés en Oranie préparaient ce plat simple avec de la farine de pois chiches, de l’eau, de l’huile et des œufs. Très vite, les Oranais l’ont adoptée, et elle est devenue l’un des symboles de la street-food algérienne. On la mange souvent dans du pain, avec un peu de cumin et de harissa, à toute heure de la journée. Aujourd’hui, elle est indissociable de l’identité culinaire d’Oran, au point que beaucoup disent : “Si tu n’as pas mangé une Karantika à Oran, tu n’as pas vraiment connu la ville.” 📍37 Rue Larbi Ben M’hidi, Oran, Algérie #karantika #popular #streetfood #oran #algérie ♬ son original – Mohamed Cheikh | محمد شيخ
« Un morceau suffit pour comprendre pourquoi elle est une vraie madeleine de Proust pour les Algériens », affirme le chef franco-algérien.
Il va même rappeler l’histoire de ce « flan à la poudre de pois chiche » : née à Oran durant la colonisation espagnole, la karantika doit son nom au mot « caliente », qui signifie « chaud ».
« Très vite, les Oranais l’ont adoptée, et elle est devenue l’un des symboles de la street food algérienne », explique-t-il, tandis qu’à l’image, il la déguste comme le veut la coutume : dans une baguette de pain avec de la harissa et du cumin.
« Si tu n’as pas mangé une karantika à Oran, tu n’as pas vraiment connu la ville », conclut-il. Et plus globalement, la garantita a été élue meilleure street food au monde par le guide alimentaire TasteAtlas en 2025.