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Ces derniers jours, l’euro enchaîne les records face au dinar algérien, affichant une flambée sans précédent, désormais largement au-dessus de la barre psychologique de 270 dinars. Quelles sont les raisons de cette hausse fulgurante des valeurs des devises ?

Au square Port-Saïd d’Alger, place de référence du change parallèle en Algérie, les cambistes cèdent le billet de 100 euros contre environ une liasse de 27.300 dinars algériens, soit 273 dinars l’unité. Pour le dollar, le billet vert s’échange à l’achat contre 235 dinars algériens.

Loin de cette flambée, les valeurs des deux principales devises restent relativement stables sur le marché interbancaire officiel. Dans les cotations officielles de la Banque d’Algérie de ce lundi 3 novembre, l’euro s’affiche à 150,73 dinars et le dollar à 130,38 dinars.

Les raisons de la nouvelle dépréciation du dinar sur le marché parallèle

Sofiane Mazari, expert financier et Directeur de la division finance islamique au CPA, cité dimanche 2 novembre par le journal El Moudjahid, a énuméré quelques facteurs qui continuent de creuser l’écart entre le taux de change parallèle et officiel.

D’emblée, le spécialiste souligne que le dinar algérien connaît, ces derniers jours, « une nouvelle dépréciation sur le marché parallèle ». Selon lui, la baisse de la valeur de la monnaie nationale est principalement due à « une hausse de la demande de devises ».

Cette hausse est portée notamment par « la reprise des importations de véhicules, la hausse des voyages à l’étranger (y compris la omra) et la difficulté d’accès aux devises dans le circuit officiel », précise-t-il.

De plus, il ajoute qu’un effet psychologique et saisonnier vient accentuer cette pression, expliquant qu’à l’approche des vacances de fin d’année, « de nombreux ménages et voyageurs anticipent leurs dépenses en devises, ce qui stimule temporairement la demande d’euros et de dollars ».

Tant que l’accès aux devises restera limité, « la pression sur le dinar se maintiendra »

Combinée à une perception persistante d’un dinar fragile, cette situation « alimente la spéculation et renforce la dynamique de dépréciation », ajoute encore le responsable de la division finance islamique au CPA.

Face à la flambée des devises face au dinar, l’expert souligne aussi que l’écart entre le taux officiel et celui du marché parallèle « reste le reflet d’un déséquilibre structurel ». Car tant que l’accès aux devises via les circuits bancaires demeurera limité, « la pression sur le dinar se maintiendra et le marché informel continuera de jouer un rôle dominant », prévoit-il.

Et pour réduire cet écart et stabiliser la valeur du dinar, il préconise d’activer plusieurs leviers, dont le renforcement de la disponibilité des devises, à travers notamment la diversification des exportations. Mais aussi « d’élargir les sources de revenus, en encourageant les exportations dans des secteurs variés comme l’agriculture, l’industrie manufacturière et le tourisme ».

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