Depuis sa victoire de la saison 12 de « Top Chef » en 2021, Mohamed Cheikh n’a pas ralenti la cadence.
À 33 ans, le célèbre chef franco-algérien multiplie les projets et les concepts, et assume de faire rayonner les saveurs méditerranéennes, dont la cuisine algérienne.
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« La cuisine algérienne mérite d’être connue », affirme-t-il dans un entretien accordé, samedi 14 février, au journal français Le Parisien.
De nouveaux projets pour le chef Mohamed Cheikh
Formé auprès de grands noms comme Yannick Alléno ou Jérôme Banctel, Mohamed Cheikh, originaire d’Oran, a évolué dans une gastronomie française codifiée.
Aujourd’hui, il revendique son goût pour les cuisines méditerranéennes : « Cette cuisine est universelle », assume-t-il.
Depuis plusieurs mois, le chef d’origine algérienne enchaîne les ouvertures en région parisienne : d’abord Meïda, sa brasserie méditerranéenne à Saint-Ouen ; puis Chik’Chill, dédié au poulet frit à Créteil ; et enfin Meatpack, steakhouse à Rosny-sous-Bois.
Mohamed Cheikh ne s’arrête pas là. Il développe une marque de sauces froides, « Shay’z », et bientôt, le 13e arrondissement de Paris accueillera « El-Cheikh », un nouveau restaurant centré sur la cuisine nord-africaine et moyen-orientale, rapporte Le Parisien.
Pourtant, cette cuisine n’a pas toujours fait partie de son bagage technique : « Jusqu’il y a deux ans, sur la cuisine nord-africaine, je ne disposais d’aucun savoir-faire, je n’avais que l’amour ».
Et pour cause, le chef de cuisine franco-algérien a été formé par des sommités de la cuisine française, telles qu’Éric Frechon et Philippe Labbé. Il confie : « Le couscous ne faisait pas partie de la gastronomie, très liée à la France ».
Depuis, il a totalement revisité cette vision. « Aujourd’hui, j’ai compris que la gastronomie est l’art de sublimer un produit pour faire plaisir. Cela peut-être un homard trois étoiles, un plat de moules, une bouillabaisse ou une chorba ».
La chorba algérienne, justement, est devenue un symbole. C’est même le plat fétiche du chef Cheikh durant le mois de ramadan.
Des préférences culinaires assumées
« Pendant le Ramadan, mon plat préféré c’est la chorba, avec laquelle on rompt le jeûne. Je l’aime à la poitrine d’agneau, avec des légumes, des pois chiches, de la coriandre et du ras el-hanout », confie-t-il au journal français, soulignant tous les codes de la chorba traditionnelle tant affectionnée en Algérie.
Cette cuisine familiale, il la tient de sa mère, Senia, et sa grand-mère, Lalia. Et s’il reconnaît qu’en France, « la cuisine marocaine est très connue », il estime aussi que « l’algérienne mérite de l’être ».
Mohamed Cheikh défend ainsi une cuisine d’émotion plus que de statut, sans frontières. Un bouillon de coquillages dégusté au Vietnam ? « Si j’étais Michelin, j’aurais mis trois étoiles ! ».
De même que pour un ramen à Tokyo, un tiramisu à la pistache à Rome, ou une crème glacée au sésame à New York, des plats simples mais marquants.
« En matière culinaire, l’émotion et le prix ne sont pas obligatoirement liés. Quoi de meilleur qu’un bon millefeuille ou une bonne purée ? », souligne le professionnel des fourneaux.
Il lève le voile sur son plat préféré : la paëlla, « de grandes poêles de riz jaune avec des crustacés, du poulet, du poivron et des petits pois » ; et assume ses aversions sans détour : « Le plat que je déteste le plus, c’est le tajine d’agneau aux pruneaux, pour son côté sucré et le bâton de cannelle… ».
S’il revendique ses goûts personnels, Mohamed Cheikh revisite aussi des spécialités algériennes sur ses réseaux sociaux, parfois en les mêlant à d’autres cuisines internationales. Une manière de rappeler que la cuisine algérienne a toute sa place à table.
