Chaque année, des milliers d’étudiants algériens s’inscrivent dans les universités en France. Mais contrairement aux années précédentes, la rentrée 2026/2027 risque de s’avérer plus compliquée que les précédentes. Voici pourquoi.
Bien que les démarches pour décrocher un visa d’études et s’installer en France n’ont jamais été réellement faciles pour les étudiants algériens ces dernières années, la procédure risque de se compliquer pour l’année 2026, et ce, pour trois raisons principales.
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Difficulté de décrocher un visa d’études ?
Pour l’année 2025/2026, la France a accordé 8.351 visas d’études aux Algériens, soit une hausse de 1.000 visas par rapport à l’année 2024/2025. Les chiffres ont été dévoilés fin septembre dernier par l’ambassade de France en Algérie et ont suscité une vive polémique dans l’Hexagone.
Plusieurs figures politiques, notamment de droite, se sont indignés de cette hausse, réclamant une politique migratoire plus stricte, même quand il s’agit d’accorder des visas étudiants.
Cette pression exercée par la droite sur le gouvernement risque de pénaliser les étudiants algériens qui prévoient de poursuivre leurs études en France pour l’année 2026/2027.
Bien entendu, rien n’est encore certain, mais la France semble décidée à marcher selon une feuille de route tracée il y a quelques années déjà, visant à réduire drastiquement le flux migratoire.
Hausse vertigineuse de l’euro sur le marché noir
Même s’ils arrivent à décrocher un visa, pour pouvoir subvenir à leurs besoins en France, incluant notamment le loyer, le transport, la nourriture, mais surtout le paiement de leurs frais d’inscription à l’université, les étudiants algériens doivent prévoir une importante somme en euro dans un contexte d’inflation importante.
Or, en Algérie, aucune possibilité ne leur est offerte pour profiter du taux de change officiel, qui est d’un euro contre environ 150 dinars algériens. Ils doivent donc opter pour le marché noir où l’euro connait une flambée sans précédent depuis le mois de septembre dernier.
La semaine dernière, un euro s’échangeait chez les cambistes du Square Port-Saïd, véritable bourse du marché parallèle des devises en Algérie, contre 292 dinars algériens. Au mois de juillet dernier, un seul euro s’échangeait pourtant contre 260 dinars algériens.
Suppression des APL pour les étudiants étrangers
En France, les étudiants algériens bénéficient des aides personnalisées au logement (APL).
Cette allocation de l’État aidait beaucoup les étudiants algériens à trouver un logement et à ainsi réduire leurs dépenses en France. Or, dans le cadre du projet de loi de finances 2026, le gouvernement propose de supprimer cette allocation pour les étudiants hors union européenne et non boursiers.
Il s’agit d’un coup dur pour les étudiants algériens en France, à qui la loi française n’autorise que 964 heures de travail par an, soit 20 heures par semaine. Sans APL, trouver un logement décent, surtout en plein Paris ou Lyon, serait extrêmement difficile.
