France : un appel à renforcer l’immigration économique

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Dans une tribune, publiée par Le Figaro, le directeur général du think tank libéral GénérationLibre estime que « l’économie française a besoin de travailleurs étrangers ».

 

En France, le débat sur l’immigration ressurgit à la faveur de la crise sanitaire. Hier, samedi 30 mai, des milliers de personnes ont manifesté à Paris en faveur de la régularisation des sans-papiers.

 

Des manifestations et des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs villes de province, à l’appel de près de 210 associations et 300 personnalités.

 

Pour l’heure, le gouvernement français refuse de suivre l’exemple d’autres pays européens, comme Le Portugal, l’Italie ou l’Espagne, qui ont décidé de régulariser massivement leurs migrants.

 

Immigration économique

 

Dans ce contexte, un autre débat est relancé. Il concerne les travailleurs étrangers et leur importance pour l’économie française. Un peu partout en Europe, la crise sanitaire a mis en avant l’importance de l’immigration et son rôle dans l’économie.

 

Dans une tribune publiée vendredi par Le Figaro, un journal connu pour ses positions hostiles à l’immigration, le directeur général du think tank libéral français GénérationLibre, Maxime Sbaihi, estime que « l’économie française a besoin de travailleurs étrangers », arguant qu’on « reconnaît l’utilité de l’immigration de travail au vide qu’elle laisse quand elle s’arrête ».

 

« La fermeture des frontières nous permet aussi de voir enfin l’immigration sous son vrai jour. Autour de nous, les exemples de vides laissés par une immigration soudainement empêchée se multiplient et apportent le meilleur démenti aux discours de repli qui ont trop longtemps contaminé le débat public », explique M. Sbaihi.

 

GénérationLibre évoque les exemples de plusieurs pays ayant constaté lors de cette crise sanitaire l’importance des travailleurs immigrés.

 

L’exemple de l’Allemagne

 

« En Allemagne, le retour précipité au pays de dizaines de milliers d’aides-soignants polonais, hongrois ou roumains a pris de court toute une génération de retraités qui se retrouvent subitement seuls pour braver la solitude et la maladie. L’exode précipité a forcé une prise de conscience nationale sur l’importance de cette main d’oeuvre étrangère, venue d’Europe de l’Est et estimée entre 100 000 et 300 000 travailleurs, pour huiler les rouages d’un système de santé plus que jamais confronté au risque de dépendance des seniors », note Maxime Sbaihi.

 

Évoquant le cas de la France, M. Sbaihi indique que c’est le secteur de l’agriculture qui a le plus pâti des effets de la fermeture des frontières. « Le secteur emploie plus de 200 000 travailleurs saisonniers tous les ans, dont 80 000 en provenance de l’étranger. Autant de mains qui manquent terriblement en période de récolte », déplore-t-il, rappelant que le gouvernement français a été contraint « d’appliquer en urgence, des dérogations pour faire venir des travailleurs étrangers européens ».

 

« En période de crise, les idées fumeuses se font piétiner sans pitié par la fameuse «botte souveraine de la réalité » de Trotski », affirme Maxime Sbaihi, estimant que « dans le malheur de la crise, la fermeture des frontières a l’immense avantage de rendre concrète la pierre angulaire qu’est la libre circulation des personnes, travailleurs et touristes, en Europe ».

 

« Les économistes les plus sérieux ne cessent de répéter les bénéfices de l’immigration mais ils sont inaudibles dans une conversation habituellement polluée par des populistes davantage intéressés par les boucs émissaires que le déclin démographique », fustige-t-il.

 

« Profitons de ce moment inédit pour faire enfin avancer une politique migratoire commune, en commençant par harmoniser les modalités d’asile entre État-membres » de l’Union européenne, préconise M. Sbaihi, avant de tacler les opposants à l’immigration.

 

« Les populistes qui se pincent le nez en parlant d’immigration sont affaiblis et l’occasion d’avancer est trop belle pour ne pas être saisie. Transformons nos esprits éclairés en actions concrètes », conclut-il.

 


 

Par : Camelia Amrani

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